Quatre pétroliers ont pris feu dans le détroit d’Ormuz après avoir heurté des mines, ont affirmé jeudi 29 octobre les forces armées iraniennes. Washington assure de son côté que les principales routes maritimes ont été largement déminées, tandis que l’agence maritime UKMTO a signalé qu’un autre bateau, un boutre traditionnel, avait coulé au large d’Oman après un incident de sûreté maritime. Les circonstances exactes des explosions et l’identité des navires concernés n’ont pas été précisées.
Dans un premier communiqué, les Gardiens de la révolution, bras armé idéologique de l’Iran, ont indiqué que trois navires « contrevenants ont explosé et pris feu après avoir heurté des mines alors qu’ils tentaient d’emprunter la voie non autorisée, au sud du détroit ». Selon cette même source, les bâtiments avaient « désactivé leurs radars et systèmes de navigation » et ignoré les avertissements. Les Gardiens affirment également avoir capturé un drone de reconnaissance américain dans la zone. L’origine des cargaisons et les pavillons des navires n’ont pas été communiqués.
L’armée iranienne a ensuite annoncé qu’un autre pétrolier avait été touché. Ce dernier, « qui opérait illégalement dans une zone restreinte et dangereuse », a été « endommagé et a pris feu après avoir heurté des mines navales », a-t-elle déclaré dans un communiqué diffusé par la télévision d’État. Ces annonces, qui n’ont pas été confirmées par une source indépendante, portent à quatre le nombre de pétroliers touchés selon Téhéran.
L’UKMTO a de son côté signalé qu’un autre bateau avait coulé dans le détroit, au large d’Oman. L’agence maritime a toutefois précisé que, selon les autorités régionales, il s’agissait d’un boutre, navire traditionnel du Golfe, « impliqué dans un incident de sûreté maritime qui a déclenché un important incendie à bord ».
Le détroit d’Ormuz demeure au cœur d’une confrontation stratégique. L’Iran revendique le contrôle de cette voie maritime par laquelle transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre déclenchée fin février par Israël et les États-Unis contre la République islamique. Téhéran prend régulièrement pour cible des navires qui s’y aventurent sans son autorisation en longeant les côtes omanaises.
Washington impose en retour un blocus des ports iraniens et escorte des pétroliers le long de cette route maritime, alors que les négociations entre les deux pays sont dans l’impasse. Le commandement central américain pour le Moyen-Orient (CentCom) a récemment affirmé avoir aidé les pays du Golfe à exporter 1,5 milliard de barils de pétrole via le détroit depuis l’été, en contournant le verrou iranien. Il a assuré sur X que « les principales voies étaient dégagées de toute mine iranienne grâce aux efforts » de ses équipes.
« L’itinéraire non autorisé est miné, les armateurs et équipages sont responsables de leur passage par ces voies et ne doivent pas prêter attention aux délires du CentCom sur les réseaux sociaux », ont réagi jeudi les Gardiens de la révolution. Dans ce contexte tendu, chaque incident dans le détroit d’Ormuz risque d’alimenter un peu plus l’escalade entre Téhéran et Washington.
Yahya Diallo pour Guistat.com

