Niamey a convoqué l’ambassadeur du Tchad à la suite d’une frappe de drone sur son territoire. L’annonce a été faite dans un communiqué lu à la télévision nationale ce lundi 26 octobre. Le gouvernement nigérien y dénonce « une frappe aérienne par drone menée depuis le territoire du Tchad » et à laquelle la France aurait participé, selon lui. L’incident survient alors que les relations ne cessent de se dégrader entre Niamey et N’Djamena.
Les faits remonteraient à une frappe survenue dans la zone d’Emi Lulu, dans la région d’Agadez, non loin de la frontière algérienne.
Selon le gouvernement nigérien, cette frappe de drone aurait été opérée « depuis le Tchad » avec « l’appui de la France ». Elle aurait causé la mort de deux civils et fait des blessés.
Niamey parle d’un acte d’agression et d’une violation de sa souveraineté nationale. Le gouvernement annonce qu’il saisit le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, en invoquant la Charte de l’ONU et les principes fondateurs de l’UA. Le Niger demande également l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et appelle ses partenaires à la solidarité.
Le Niger accuse le Tchad de s’inscrire « depuis des mois dans une démarche hostile ». Début septembre, la télévision nationale avait relayé des accusations désignant N’Djamena comme impliquée dans la mutinerie survenue quelques jours plus tôt.
À la tribune de l’ONU, récemment, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine avait accusé, sans en apporter de preuves, le Tchad et la France de préparer une attaque à ses frontières.
L’ambassadeur du Tchad a donc été convoqué pour une « protestation solennelle ». De son côté, N’Djamena, qui mène actuellement des opérations aériennes contre le Comité d’autodéfense de Miski dans le Tibesti, non loin de la frontière avec le Niger, n’a pas encore officiellement réagi.
Yahya Diallo pour GuiStat.Com

