Un ressortissant étranger d’une quarantaine d’années a été battu à mort par une foule d’environ 50 personnes à Durban, en Afrique du Sud. Les circonstances exactes de l’agression et le mobile des auteurs restent, à ce stade, indéterminés, a indiqué la police.
Selon les premiers éléments communiqués par les forces de l’ordre, la victime, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a d’abord été approchée par deux hommes au bord d’une route avant d’être prise à partie par un groupe plus important. Grièvement agressé, l’homme est décédé sur place. Une enquête pour meurtre a été ouverte afin d’établir les circonstances précises des faits et d’identifier les responsables.
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement tendu autour de la question migratoire en Afrique du Sud. Depuis plusieurs mois, des manifestations dénonçant la présence de migrants se multiplient dans le pays. Certaines ont dégénéré en violences, avec des commerces et des véhicules incendiés, notamment à Durban et à Soweto, près de Johannesburg.
La police affirme toutefois ne pas pouvoir établir, pour l’heure, un lien entre ce meurtre et les tensions liées à l’immigration. Le porte-parole de la police provinciale, Robert Netshiunda, a indiqué que les enquêteurs ne souhaitaient pas spéculer sur le mobile et qu’ils communiqueraient davantage d’informations une fois les faits vérifiés.
Le gouvernement sud-africain a, de son côté, appelé les manifestants à privilégier la voie pacifique, tout en reconnaissant la nécessité de réformer le système migratoire. Les autorités affirment que des dizaines de milliers de ressortissants étrangers ont été expulsés ou rapatriés depuis le lancement, en début d’année, d’une campagne de répression contre l’immigration irrégulière.
Les tensions ont également suscité des réactions dans plusieurs pays africains. Le Zimbabwe, le Nigeria et le Ghana ont notamment pris des mesures pour rapatrier certains de leurs ressortissants, craignant de nouvelles violences. Le Ghana a confirmé la mort de l’un de ses citoyens, Bashiru Isak, tué par balle au Cap lors de manifestations visant des ressortissants étrangers.
L’Afrique du Sud connaît régulièrement des épisodes de violences visant des migrants. En 2008, des attaques xénophobes avaient fait plus de 60 morts et provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte marqué par la pauvreté, les fortes inégalités et un chômage élevé. Les migrants sont régulièrement accusés par certains habitants de prendre des emplois, de favoriser la criminalité ou de peser sur les services publics, des accusations que des chercheurs jugent insuffisamment étayées.
Malgré ces difficultés, l’Afrique du Sud demeure l’une des principales destinations du continent pour les migrants à la recherche d’un emploi, de sécurité et de meilleures perspectives économiques.
Fatoumata Condé pour Guistat.com

