Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a ouvert ce mercredi à Conakry la deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux du gouvernement (SGG). Axé sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein de l’administration, l’événement vise à faire des nouvelles technologies un levier de transparence, de rapidité et de performance publique.
Placé sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », ce rendez-vous de haut niveau réunit experts et décideurs pour répondre aux défis majeurs de la modernisation de l’État, de l’amélioration de la qualité du droit, de la préparation des arbitrages, de la continuité administrative et de la préservation des archives.
Dans son discours d’ouverture, le chef du gouvernement guinéen a souligné le potentiel de transformation de l’IA pour les administrations publiques. « Mesdames et messieurs, dans vos services, l’intelligence artificielle offre des possibilités importantes. Elle peut faciliter la recherche dans les textes et les archives, aider à détecter les incohérences juridiques, préparer des synthèses documentaires et signaler les retards dans le traitement des dossiers. Bien utilisée, elle peut dégager du temps pour l’analyse, améliorer la préparation des arbitrages et rendre l’information publique plus accessible. Sa valeur se mesurera à la fiabilité du travail accompli, au délai réduit et à la qualité du service rendu. C’est pourquoi vos échanges sur les indicateurs communs de performance sont essentiels. Ils doivent nous permettre de vérifier les progrès réalisés et de partager les solutions qui fonctionnent. La réussite de nos projets et de nos réformes exige une administration capable de produire des textes de qualité, de disposer d’informations fiables et de suivre les décisions jusqu’à leur mise en œuvre. Une utilisation maîtrisée de l’intelligence artificielle peut renforcer cette capacité », a déclaré le Premier ministre.
Selon lui, l’impact de ces technologies se mesurera directement par la réduction des délais, la fiabilité du travail accompli et la création d’indicateurs de performance communs entre administrations.
Pour illustrer les applications concrètes de l’IA, Amadou Oury Bah s’est appuyé sur la gestion des marchés publics, souvent perçue comme un défi majeur pour les pays africains. « Prenons un exemple qui m’est particulièrement cher : la mercuriale des prix des marchés publics. Comme vous le savez, les marchés publics constituent un casse-tête pour la plupart des pays africains. Grâce à la coopération avec le Rwanda, nos équipes ont réussi à déployer une application appelée Télémo dans le cadre de la numérisation des marchés publics. Nous avons exigé que la mercuriale des prix, tant pour les biens et services de l’INSE – Institut National de la Statistique – que celle confectionnée par l’ACGP, intègre l’intelligence artificielle. Pourquoi l’intelligence artificielle ? Parce que les facteurs humains, très souvent sous l’influence d’intérêts ou en raison de certaines limites objectives de la démarche humaine, peuvent ne pas avoir une vision globale et complète. À ce sujet, c’est une démarche que nous partagerons avec plaisir avec tous les États africains lorsqu’elle sera bien testée par nos équipes du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. Notre volonté d’y intégrer l’intelligence artificielle vise à mieux exploiter les données, comparer les coûts sur des bases pertinentes et corriger les écarts injustifiés, notamment dans les infrastructures. Et c’est extrêmement important d’intégrer tous les éléments objectifs pour que le kilomètre de route au Sénégal ne puisse pas avoir le même coût qu’en Guinée, au Mali ou au Burkina, puisque la variété des sols et les données géologiques sont différentes », a-t-il insisté.
Cette initiative s’inscrit directement dans l’ambition nationale portée par le programme Simandou 2040. En intégrant des données géologiques et topographiques locales dans les algorithmes d’estimation, telles que la présence de latérite, de granit ou la disponibilité en eau, la Guinée entend mieux ajuster les coûts de ses infrastructures publiques par rapport à ses voisins régionaux.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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