À Pounneya, à 7 kilomètres de la commune rurale de Yembering, la seule école du secteur n’a pas rouvert ses portes en ce début d’année scolaire. Construit l’an dernier par les habitants, le hangar qui tenait lieu de salle de classe est aujourd’hui fermé par manque d’enseignant. 38 élèves inscrits l’année dernière se retrouvent sans cours.
Le secteur de Pounneya cumule les difficultés. Son isolement et l’accès difficile à la localité l’ont longtemps maintenu à l’écart des autres écoles de la commune rurale de Yembering. Pour les familles, la seule solution a été de construire elles-mêmes une école. Un hangar très délabré, érigé l’année dernière sur la base de contributions citoyennes. Mais en ce début d’année scolaire, faute d’enseignant, cet unique cadre d’apprentissage reste fermé. Une situation qui prive de cours les 38 élèves inscrits l’année dernière.
Interrogé, Mamadou Aliou Barry, président sous-préfectoral de l’APEAE, revient sur les raisons qui ont poussé les habitants à bâtir ce hangar. « Nous sommes éloignés des autres écoles de la commune rurale de Yembering. Vu que nos enfants âgés de cinq à six ans, voire plus, ne peuvent pas se rendre dans ces écoles. Au regard de tout cela et du retard que nos enfants accumulent jour après jour, nous avons décidé de créer cette école. Et nous avons construit cette école sur la base de nos propres cotisations. Certains ont dépensé de l’argent et les ouvriers issus de la localité ont fait chacun volontairement les travaux », a-t-il expliqué.
De son côté, Oumar Labho Diallo, chef secteur de Pounneya, rapporte les difficultés liées à la prise en charge des enseignants. « Il y a de l’eau qui nous envahit dans cette école en période des pluies. Nous avons du mal à prendre en charge l’enseignant. Il faut parfois que les paysans revendent leurs récoltes pour s’acquitter du montant destiné à la prise en charge des enseignants. Nous n’avons pas d’autres choses à faire pour gagner de l’argent. À ce jour, nous n’avons pas de fonds pour payer l’enseignant », a-t-il fait savoir.
Selon le responsable de l’APEAE, certains élèves ont été admis en classe de deuxième année. Mais faute de classes et d’enseignants, ils sont obligés d’abandonner les cours. « Nous avons eu des élèves qui ont été admis en classe de deuxième et, malheureusement, compte tenu des moyens, nous ne pouvons pas réunir la première et la deuxième année sous le hangar. C’est pourquoi nous lançons un appel aux autorités pour nous venir en aide. Nos enfants n’apprennent pas et nous sommes inquiets pour leur avenir. À défaut, nous sommes obligés de nous concerter entre communautés pour voir si nous pouvons avoir d’autres hangars », a-t-il plaidé.
À Pounneya, l’urgence est donc double : trouver un enseignant et offrir aux enfants un cadre scolaire viable. En attendant une réponse des autorités, les habitants redoutent que l’année scolaire ne soit encore une fois perdue pour les 38 élèves du secteur.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

