À l’occasion de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, célébrée ce 5 octobre 2026, le syndicaliste Michel Pépé Balamou rappelle les normes internationales encadrant la profession et dénonce les défaillances structurelles du système éducatif guinéen.
Célébrée sous le thème « Pour les enseignantes et les enseignants : 60 ans à protéger la profession, améliorer son statut et développer les potentiels », l’édition 2026 marque une étape symbolique. Ce 60e anniversaire fait référence à la Recommandation de 1966, complétée par celle de l’OIT et de l’UNESCO en 1996. Ces textes fixent le cadre international des droits, des responsabilités, des conditions de travail et de l’autonomie professionnelle du corps enseignant.
Cependant, soixante ans plus tard, la concrétisation de cette vision reste un défi majeur en Guinée.
Dans son allocution, Michel Pépé Balamou a brossé un tableau sombre des réalités quotidiennes du secteur éducatif guinéen. Parmi les principaux dysfonctionnements relevés figurent : « la dévalorisation de la profession et la pauvreté des apprentissages ; la pénurie d’enseignants et l’effondrement de l’école publique ; des classes surchargées avec un taux d’encadrement très élevé et une charge de travail excessive ; la précarité financière, caractérisée par des salaires insuffisants face à la cherté de la vie et l’absence de plan de carrière ; le manque d’infrastructures, d’équipements et de matériel scolaire ; la marchandisation et la privatisation à outrance de l’éducation », a déclaré le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation.
Afin de garantir le bon déroulement de l’année scolaire 2026-2027, le leader syndical exige le respect scrupuleux des engagements pris dans le protocole d’accord bipartite signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’Intersyndicale de l’éducation (FSPE/SLEG/SNE).
Les points clés à appliquer d’urgence, selon Michel Pépé Balamou, concernent d’abord le plan salarial : « le déblocage des salaires, le paiement des arriérés et le rétablissement de toutes les primes ». Ensuite, sur le plan de la carrière : « le reclassement des enseignants admis aux concours professionnels et de ceux engagés en 2017 ». Quant au plan de l’emploi : « l’engagement à la fonction publique des enseignants contractuels communaux non retenus mais ayant obtenu la moyenne, ainsi que l’organisation d’un concours pratique de classe pour ceux de la zone spéciale de Conakry ». Enfin, sur la gestion du secteur éducatif guinéen : « le paiement des primes de fonction des cadres de l’éducation et la révision du statut particulier du personnel », insiste le syndicaliste.
Tout en maintenant ses revendications, Michel Pépé Balamou a salué la bonne foi du gouvernement concernant le respect de certains engagements financiers déjà concrétisés, notamment « la revalorisation des primes de craie, de documentation, de préparation, ainsi que des indemnités de logement et de transport ».
En conclusion, il a exhorté les autorités en charge du système éducatif guinéen à « sauver l’école publique » par un financement accru, une augmentation substantielle du budget accordé à l’éducation et une meilleure réglementation du secteur privé.
Le rendez-vous, quant à lui, est officiellement donné au 30 octobre 2026 à Kankan, où se tiendra la célébration en différé de la Journée mondiale des enseignants.
Moussa Camara pour Guistat.com

