Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Ahmed Kanté, administrateur général d’AGB2A-GIC, pour des soupçons d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux et de corruption.
Selon nos informations, la CRIEF, saisie le 5 octobre 2026 par une dénonciation enregistrée sous le numéro 448, a transmis le dossier à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF).
L’enquête porte sur la gestion financière de la société minière de bauxite et sur des transferts de fonds suspects vers l’étranger.
Les investigations ciblent plusieurs mécanismes financiers présumés opaques. En premier lieu, le sponsoring international : un partenariat conclu le 3 septembre 2026 et désignant AGB2A-GIC comme « Main Sponsor » du club chypriote Doxa Katokopias FC intrigue les enquêteurs. L’absence de détails sur les montants engagés suscite des interrogations quant à la justification économique d’une telle dépense hors de Guinée.
D’après nos sources, les flux financiers auraient transité par plusieurs juridictions, notamment Chypre et le Tchad, potentiellement masqués sous couvert de contrats de prestations de services ou d’assistance technique.
La dénonciation évoque également des manipulations comptables consistant à facturer la bauxite guinéenne à des intermédiaires en dessous du cours du marché, afin d’exporter les bénéfices avant imposition.
L’ORDEF aura donc pour mission d’identifier les sociétés intermédiaires, de révéler leurs bénéficiaires effectifs et de vérifier la régularité fiscale de ces opérations.
L’instruction est confiée aux substituts du procureur spécial Ousmane Sano, Biwon Millimouno et Pierre Segbé Kamano, sous le sceau du secret de l’enquête.
Rappelons que l’ancien ministre des Mines fait déjà face à deux autres affaires devant la CRIEF, notamment l’affaire GIC/AGB2A. En septembre 2025, la chambre spéciale de contrôle de l’instruction a ordonné la poursuite des procédures pour des faits d’abus de confiance.
Ahmed Kanté est poursuivi avec trois autres prévenus pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment. Ce dossier inclut une partie civile portée par les ayants droit de feu Claude Lorcy, qui réclament des droits miniers évalués à près de 75 millions de dollars américains.
À ce stade de la procédure, l’ancien ministre bénéficie de la présomption d’innocence.
Moussa Camara pour Guistat.com

