En marge d’une réunion de l’Union africaine, les dirigeants égyptien, soudanais, érythréen et somalien se sont réunis le dimanche 4 octobre 2026 à El-Alamein, sur la côte méditerranéenne égyptienne. Ce sommet vise à renforcer leur coopération sécuritaire et économique, alors que les tensions reprennent en Éthiopie, pays avec lequel les quatre participants entretiennent des relations difficiles. Au cœur des discussions : la stabilité régionale et l’épineux dossier du partage des eaux du Nil.
La rencontre intervient alors que, depuis le samedi 3 octobre, l’armée fédérale éthiopienne a pris le contrôle de Mekele, capitale de la région du Tigré. Selon l’AFP, les forces éthiopiennes y assurent des patrouilles, tandis que leurs alliés du TPF, une faction dissidente du TPLF, occupent les principaux bâtiments officiels. Les communications ont été rétablies, mais la plupart des commerces restent fermés après les pillages survenus lors de l’entrée de l’armée fédérale à Mekele et le repli des forces rebelles du TPLF, qui semblent désormais privilégier la voie des armes.
À El-Alamein, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réuni ses homologues érythréen et somalien, ainsi que le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée soudanaise. Ces trois pays — Soudan, Érythrée et Somalie — partagent une frontière avec l’Éthiopie et entretiennent des relations tendues avec Addis-Abeba. Le Caire est par ailleurs lié par des accords de coopération militaire avec Khartoum, Asmara et Mogadiscio.
Dans leur communiqué final, les quatre dirigeants ont insisté sur les principes de « bon voisinage » et de « non-ingérence dans les affaires intérieures des États », alors que les risques d’un conflit débordant les frontières éthiopiennes s’intensifient dans la région. Ils ont également affirmé leur volonté de régler les différends par des moyens pacifiques et de renforcer leur coopération afin d’assurer la sécurité et la stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Les participants ont en outre souligné la nécessité de respecter le droit international en matière de fleuves transfrontaliers. Ils ont rejeté toute action unilatérale susceptible de porter atteinte aux droits d’eau des pays situés en aval. Un point qui vise clairement l’Éthiopie et son barrage de la Renaissance, construit sur le Nil Bleu.
Le Caire accuse Addis-Abeba de mener une politique du fait accompli, sans tenir compte des besoins vitaux des quelque 160 millions d’habitants de l’Égypte et du Soudan. Le conflit autour du Nil, l’un des plus anciens du continent, a déjà été à l’origine de plusieurs confrontations dans la région.
Reste à savoir si ce sommet, auquel l’Éthiopie n’était pas représentée, pourra ouvrir la voie à une désescalade et à une solution négociée.
Yahya Diallo pour GuiStat.Com

