La ministre de la Santé, Khaïté Sall, a annoncé samedi 5 septembre 2026 la saisie d’une vingtaine de conteneurs d’intrants et de produits de santé impropres à la consommation au Port Sec de Kagbélen. Une opération menée avec l’appui du Comité technique national de lutte contre les pratiques médicales illégales, de la Douane et de la Gendarmerie nationale. Les produits, jugés dangereux, ont été voués à l’incinération.
C’est une nouvelle opération d’envergure dans la lutte contre les trafics illicites en Guinée. Ce samedi 5 septembre, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, s’est personnellement rendue au Port Sec de Kagbélen pour inspecter une cargaison hors norme : une vingtaine de conteneurs contenant des intrants et des produits de santé impropres à la consommation, représentant un danger avéré pour la population.
Cette saisie est le fruit d’une action coordonnée. La ministre a salué « la vigilance du Comité technique national de lutte contre les pratiques médicales et paramédicales illégales, soutenu par la Douane et la Gendarmerie nationale ». Face à l’ampleur du danger, Mme Sall a ordonné l’incinération immédiate de ces produits afin de protéger les populations. Elle en a profité pour inviter les citoyens à s’approvisionner « exclusivement dans les pharmacies autorisées », seule garantie contre les risques liés à l’utilisation de produits de santé non conformes.
Si cette saisie est spectaculaire, elle s’inscrit dans un phénomène de grande ampleur qui touche la Guinée depuis plusieurs années. Dès janvier 2026, le ministre de la Santé de l’époque, le Dr Oumar Diouhé Bah, avait dressé un bilan alarmant : « Si l’on cumule tout, on peut dire que plus de 400 conteneurs de faux médicaments ont été saisis ». Il avait alors établi un lien direct entre ce trafic et des conséquences sanitaires dévastatrices : insuffisances rénales, cas de démence, addictions, voire viols et décès.
La Guinée apparaît comme une plaque tournante pour ces produits prohibés, en raison de sa position géographique et de la porosité de ses frontières. En mai 2026, ce sont 171 cartons de produits pharmaceutiques jugés prohibés qui ont été saisis à Kankan. En mars, une centaine de cartons avaient déjà été interceptés dans la même région. Les autorités judiciaires ont également dû faire face à des tentatives de corruption de la part des trafiquants, a-t-on appris.
Malgré l’ampleur de la tâche, les autorités entendent poursuivre leurs efforts. Le gouvernement affiche une volonté claire d’assainir le secteur de la santé, comme l’a rappelé la ministre Khaïté Sall lors de sa visite. Cette opération vise à renforcer la sécurité sanitaire, à lutter contre la prolifération des produits médicaux frauduleux et à consolider la confiance entre les institutions et les citoyens. La Guinée, régulièrement citée en exemple sur le plan international pour ses efforts, espère inverser la tendance et endiguer ce fléau qui met en danger la vie de ses populations.
Mohamed Souaré pour GuiStat.Com

