Le volet recettes du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 a été adopté ce week-end par les députés. Dans le rapport parlementaire, les recettes s’établissent à 60 064 milliards de francs guinéens (GNF), soit une progression de 7,53 %. Lors de cette plénière, le gouvernement a également été interpellé sur plusieurs autres aspects de cette LFR, en dehors de son volet recettes.
Devant la représentation nationale, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a assuré que le gouvernement accueille « avec sérieux les observations formulées par les commissions, notamment celles en charge des finances, concernant la mobilisation des recettes intérieures, les dépenses fiscales, le recouvrement des créances publiques, les revenus du portefeuille de l’État et l’efficacité de nos investissements », a-t-elle déclaré d’emblée, avant d’ajouter :
« Sur les recettes non fiscales, nous avons déjà conduit une revue dans plus d’une quinzaine de ministères afin de recenser les recettes, y compris celles dites informelles, de clarifier les fondements juridiques et de sécuriser leur reversement au Trésor. Ce travail se traduit par la préparation d’arrêtés de formalisation et d’harmonisation destinés à rendre ces recettes plus transparentes, plus traçables et mieux mobilisées au bénéfice de la nation. Nous partageons également votre préoccupation concernant les exonérations fiscales, notamment dans le secteur minier. Les avantages accordés aux investisseurs doivent répondre à des objectifs économiques clairement identifiés, produire des retombées vérifiables et respecter les dispositions légales. »
Poursuivant, la ministre a indiqué que le gouvernement a finalisé une revue des dépenses fiscales, dont les conclusions convergent vers les préoccupations exprimées dans le rapport du Conseil national de la transition. « À la lumière des analyses déjà réalisées, nous entendons en tirer des mesures concrètes, dans le respect de nos engagements juridiques et après les concertations nécessaires. La Guinée doit rester une terre d’investissement attractive, mais elle doit aussi veiller à ce que les richesses contribuent équitablement au financement de notre développement. Nous partageons également votre exigence d’une meilleure maîtrise de nos recettes minières, de la qualité et des volumes de minerais exportés, ainsi que d’une application rigoureuse des mécanismes de valorisation prévus par nos textes. La douane a d’ailleurs investi, par exemple, dans l’acquisition de ponts-bascules, qui sont déjà arrivés ou devraient l’être. »
En matière de contrôles essentiels, la ministre Sylla assure que le gouvernement entend acquérir d’autres équipements. « S’agissant toujours de la fiscalité minière, nous partageons votre exigence de faire en sorte que l’exploitation de nos ressources naturelles génère des recettes publiques à la hauteur de leur valeur, grâce à une meilleure maîtrise des volumes et des prix de référence, à un contrôle rigoureux des exonérations et à l’application effective de nos lois fiscales. Je pense aussi que la Guinée, en tant que nation, a pu tirer des leçons des anciennes conventions, et que celles qui viendront seront encore plus avantageuses pour notre pays. Vous en serez d’ailleurs des acteurs importants, car cela passera par cette Assemblée », a-t-elle indiqué, avant de poursuivre :
« Vous avez rappelé les difficultés d’exécution de certains projets financés sur ressources extérieures. Je partage cette préoccupation. En effet, le taux d’absorption des projets est limité dans notre pays, comme dans certains autres. Ce qui nous intéresse, c’est notre pays. Il en résulte une faiblesse des décaissements au regard des ressources disponibles. Cela appelle une action résolue. Les blocages peuvent notamment concerner les études, le niveau de préparation des projets, les conditions préalables que les départements n’arrivent pas à lever, les délais de passation de marchés parfois compliqués et la coordination entre ministères ou départements techniques souvent impliqués. »
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com

