Alors que les autorités guinéennes intensifient la lutte contre l’école buissonnière, en conduisant les élèves interpellés à l’OPROGEM, N’valy Condé salue une initiative qu’il juge salvatrice pour le système éducatif, tout en appelant à une meilleure coordination avec les établissements scolaires.
Interrogé ce lundi 2 novembre 2026 par notre rédaction, le philosophe et acteur éducatif estime que l’intervention des forces de l’ordre face à l’absentéisme scolaire constitue une réponse adaptée au désarroi des familles.
« C’est une très bonne décision. Nous voyons des élèves qui refusent d’aller en classe alors que les parents les pensent à l’école. L’État vient au secours des parents », affirme-t-il.
Face aux critiques sur la rigueur des interpellations, N’valy Condé assume une position catégorique. Il s’agit, dit-il, de « sanctions éducatives » visant à rééduquer des jeunes livrés à eux-mêmes dans les bars ou les cabarets.
« L’avenir d’un pays se résume à la qualité de son système éducatif. Nous ne pouvons pas laisser les élèves compromettre leur futur », martèle-t-il.
Tout en appuyant les opérations sur le terrain, N’valy Condé attire l’attention sur les spécificités de l’organisation scolaire guinéenne, notamment les régimes à double vacation — avec des cours le matin et l’après-midi — ainsi que les emplois du temps variables. Pour éviter les interpellations abusives, il formule des propositions concrètes.
« Vous savez, il y a des écoles qui fonctionnent en fonction de leur emploi du temps. Il y a aussi des écoles à double vacation : certaines viennent le matin, d’autres viennent le soir. À partir de 12 h, des élèves arrivent tandis que d’autres rentrent à la maison, surtout dans certaines écoles publiques. Je souhaiterais que les établissements fassent tout leur possible pour que les élèves soient munis d’un emploi du temps signé par le proviseur. En cas d’interpellation, l’élève pourrait présenter ce document aux gendarmes ou aux policiers et éviter ainsi d’être interpellé à tort, notamment devant les bars », préconise-t-il.
Interrogé également sur les vidéos publiées sur TikTok ou Instagram, où des élèves apparaissent en tenue scolaire pendant les heures de cours, l’acteur éducatif approuve l’interdiction stricte du téléphone au sein des écoles. Bien qu’il reconnaisse l’utilité pédagogique potentielle du numérique, N’valy Condé dénonce son utilisation abusive à des fins de distraction durant le temps scolaire.
« Il y a déjà une décision qui interdit l’utilisation des téléphones à l’école. Cela veut dire que si une école ferme à 16 h 30, de 7 h 45 à 16 h 30, aucun élève ne doit utiliser son téléphone. Cette décision est très bonne. Le téléphone est aujourd’hui un moyen de distraction. Cela ne veut pas dire que le téléphone ne joue aucun rôle dans le cadre de la pédagogie, non. Mais nos élèves l’utilisent aujourd’hui à des fins de distraction », dénonce-t-il.
Notre interlocuteur appelle l’ensemble de la communauté éducative à faire respecter la décision prise par les autorités afin de garantir la sérénité des apprentissages et de rehausser le niveau de l’école guinéenne.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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