L’imam Mohamed Ishaq Kindo a retrouvé la liberté. Mais, selon plusieurs sources au sein de la communauté sunnite, celle-ci reste très encadrée. Le religieux, arrêté le 26 mai 2026 à la veille de la Tabaski, a été libéré ce lundi 2 novembre, dans des conditions qui s’apparentent à une résidence surveillée.
D’après les informations recueillies auprès de membres de la communauté sunnite, l’imam est maintenu à l’isolement dans un lieu de repos, loin de son domicile. Objectif affiché : éviter tout rassemblement de fidèles autour de lui. Les visites sont interdites, tout comme les photographies et toute prise de parole publique.
Un membre de la communauté affirme avoir pu le rencontrer et indique qu’il « se porte bien », malgré une perte de poids. Mais les restrictions qui l’entourent sont décrites comme proches d’une « résidence surveillée ».
Cette libération intervient après plusieurs mois de tensions. Mohamed Ishaq Kindo avait été interpellé après avoir critiqué un projet de loi relatif aux libertés religieuses. Son arrestation avait provoqué une importante mobilisation à Ouagadougou, où des centaines de fidèles étaient descendus dans la rue pour réclamer sa libération. La manifestation avait été dispersée à coups de gaz lacrymogènes. Plusieurs dizaines de fidèles avaient également été interpellés et détenus pendant plusieurs mois.
Depuis, ces manifestants ont été libérés et ont pu retrouver leurs familles. Mais le dossier reste sensible. La principale mosquée sunnite de Ouagadougou demeure fermée, tandis que les restrictions imposées à l’imam Kindo continuent d’alimenter les inquiétudes au sein de sa communauté. Sa libération marque une évolution dans cette affaire, mais les conditions qui l’accompagnent montrent que les tensions autour de la question des libertés religieuses restent loin d’être dissipées.
Fatoumata Condé pour GuiStat.Com

