C’est une chaleur que les habitants de Conakry n’ont pas l’habitude de subir à cette période. En cette fin de saison pluvieuse, la capitale guinéenne suffoque, avec des températures qui frôlent les records.
Pour Algassimou Diallo, président de l’ONG « La Guinée Verte », les causes sont clairement identifiées. Au-delà du réchauffement climatique mondial, la Guinée détruit elle-même ses protections naturelles contre la chaleur.
« Dans le cadre général, il y a le réchauffement climatique mondial. Mais dans le cas guinéen, il faut aussi parler de la dégradation avancée de la mangrove à Conakry et sur le littoral, alors qu’elle jouait le rôle de climatiseur naturel. Il faut également évoquer la coupe abusive du bois, à l’intérieur du pays comme à Conakry. Nous sommes en transition : la pluie s’arrête, le soleil revient fort, mais l’air reste très humide. Cette année, l’océan Pacifique est très chaud, avec une anomalie de +3 à +4 °C, ce qui dérègle le climat. L’OMM et AGRHYMET annoncent que, d’octobre à décembre 2026, toute l’Afrique de l’Ouest sera plus chaude que la normale. À cela s’ajoutent une urbanisation dense, l’absence d’arbres, le béton qui retient la chaleur et un vent faible de 8 à 16 km/h, donc pas d’air frais. Conakry se réchauffe chaque année : les bandes rouges augmentent depuis 1979 », a-t-il déclaré.
Les conséquences de cette canicule sont déjà visibles au quotidien. Santé, environnement et cadre de vie sont directement impactés, prévient l’environnementaliste.
« Les conséquences sont directes sur la santé des populations : fatigue, maladies respiratoires, transpiration qui ne s’évapore pas. Même pendant la nuit, il fait très chaud. Au quotidien, le citoyen ne parvient plus à travailler normalement ni à dormir à cause de la chaleur. À cela s’ajoutent les délestages électriques de ces derniers temps, qui rendent les nuits insupportables », a-t-il expliqué.
Pour inverser la tendance, Algassimou Diallo formule des recommandations concrètes à court et à long terme. Il plaide pour un soutien financier de l’État et pour des gestes simples de la part de la population.
« Je recommande vivement que l’État et les institutions subventionnent et accompagnent les organisations qui luttent contre la dégradation de l’environnement. Il faut lancer des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens de Conakry et surtout à l’intérieur du pays, où l’on pratique la coupe du bois pour le bois de chauffe et le charbon de bois. En attendant, il faut boire au moins deux litres d’eau par jour, sortir tôt le matin ou après 17 h, éviter la tranche de 12 h à 16 h, car l’indice UV atteint un niveau extrême de 11/11, et dormir près de la fenêtre avec un drap mouillé. Dans les ateliers de pavés, il faut éviter de faire fondre du plastique à midi et privilégier le matin. L’ANM prévoit encore des orages jusqu’à début novembre, puis la chaleur sèche s’installera vraiment », a recommandé le président de l’ONG « La Guinée Verte ».
Mamadou Saliou Camara, GuiStat.com

