Au Soudan du Sud, 84 personnes ont été tuées dans deux attaques intercommunautaires survenues les 27 et 28 octobre dans l’État de Warrap, dans le centre du pays. Du bétail a également été volé et des marchés réduits en cendres, selon les autorités locales. Les appels au calme se multiplient, notamment au sein de la société civile et des Églises du pays, afin de prévenir ces conflits locaux récurrents et meurtriers.
De son côté, la Commission des droits de l’homme de l’ONU a alerté ce mardi sur le risque de conflit au Soudan du Sud à l’approche des élections prévues en décembre. Elle accuse le président Salva Kiir d’avoir perpétré un « coup d’État institutionnel » et d’avoir défait l’accord de paix de 2018.
Des conflits aux origines diverses
Vol de bétail, soif de vengeance, disputes administratives… Après les deux attaques dans le comté de Tonj-Nord, les Églises du Soudan du Sud appellent à la tenue de dialogues intercommunautaires afin de résoudre les causes profondes de ces conflits à répétition.
« Qui est responsable de l’approvisionnement en armes et en munitions de nos communautés à Tonj, permettant ainsi des violences meurtrières ? », s’interroge Edmund Yakani, directeur de l’organisation de la société civile CEPO. Il invite les jeunes à ne pas se laisser « berner » et à ne pas participer à ces conflits.
Endeuillé par des violences communautaires sur fond de tensions politiques, le Soudan du Sud se dirige vers des élections prévues en décembre prochain. La Commission des droits de l’homme de l’ONU a également alerté le Conseil de sécurité, mardi, sur la violation de l’accord de paix de 2018 par le camp du président Salva Kiir. Le mois dernier, celui-ci a dissous le gouvernement d’union et démis son rival Riek Machar du poste de vice-président.
Un acte qualifié de « coup d’État institutionnel » par la Commission, pour qui le pays « a besoin d’un règlement politique inclusif, d’une protection pour les civils et d’institutions capables de prévenir de nouvelles violences ». Autrement dit, la mise en place d’un gouvernement inclusif capable d’assurer une transition pacifique.
Yahya Diallo pour Guistat.com

