La condamnation de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, à sept ans de prison est mal accueillie par son avocat. Me Facinet Soumah a annoncé avoir interjeté appel de la décision rendue par la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) le 21 octobre 2026.
Me Soumah était absent à l’audience au cours de laquelle le verdict a été rendu. Réagissant à la condamnation de son client, il exprime une profonde déception : « Mon sentiment est celui d’une déception. Une grande déception. Je ne m’attendais pas du tout à une telle décision, car les débats menés depuis le cabinet d’instruction jusqu’à la chambre de jugement ont été très clairs. Or la décision qui est tombée est loin de refléter ces débats. Ce n’est pas le résultat de ce qui a été débattu ; c’est une décision catastrophique, extraordinaire. Je reste sur ma faim. Je veux voir la décision entièrement rédigée et l’analyser, mais je ne sais d’où viennent ces éléments », déclare l’avocat au Barreau de Guinée.
Interrogé sur l’éventualité d’un appel, Me Soumah annonce sans détour : « Naturellement, dans les minutes qui ont suivi, appel a été immédiatement interjeté contre cette décision que nous jugeons, à chaud, illégale, contraire au bon sens et portant atteinte à la dignité et à la considération du président Mohamed Lamine Bangoura. »
Mohamed Lamine Bangoura est poursuivi pour le détournement de 20 milliards de francs guinéens destinés au fonctionnement de son institution. Le prévenu et ses coprévenus ont été reconnus coupables de plusieurs chefs d’accusation. La chambre de jugement de la CRIEF les a condamnés au paiement de 41 milliards de francs guinéens au profit de l’État guinéen, à titre de dommages-intérêts. L’avocat de l’ancien président de la Cour constitutionnelle réaffirme l’innocence de son client : « C’est pourquoi je dis que c’est extraordinaire. Comme nous l’avons démontré à l’issue des débats, preuves à l’appui, M. Mohamed Lamine Bangoura a travaillé pendant plus de 40 ans avant d’être à la Cour constitutionnelle. Il a connu des réussites matérielles. Mon client est propriétaire immobilier depuis plusieurs années, bien avant d’arriver à la Cour constitutionnelle. Au-delà de tout cela, lorsqu’il est venu à la Cour constitutionnelle, il percevait un traitement. »
Mohamed Lamine Bangoura a été reconnu coupable de corruption, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, entre autres, par la chambre de jugement de la CRIEF. Outre les sept ans d’emprisonnement, il a été condamné à une amende de 2 milliards de francs guinéens.
Ansou Baïlo Baldé pour GuiStat.com

