Sept responsables diplomatiques européens et moyen-orientaux se sont réunis vendredi à Istanbul pour examiner les multiples crises qui secouent le Moyen-Orient, notamment la question palestinienne, le détroit d’Ormuz, la situation au Yémen et la guerre en Ukraine. Cette rencontre illustre la volonté de la Turquie de peser sur les crises régionales sans dépendre exclusivement des initiatives occidentales.
Les discussions devaient porter sur la réouverture du détroit d’Ormuz, la situation au Yémen et la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Cette réunion intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, alors qu’Ankara entend promouvoir des solutions régionales aux crises qui affectent la zone.
La participation de la Turquie aux côtés de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de l’Égypte n’est pas anodine. Les trois premiers pays sont engagés depuis l’été dans un accord de défense mutuelle, connu sous le nom de Pacte de La Mecque, auquel l’Égypte pourrait participer à terme.
Pour Ankara, cette réunion répond à plusieurs objectifs. Elle lui permet d’abord de consolider sa position d’interlocuteur incontournable entre l’Europe, le Moyen-Orient et les grandes puissances. Elle lui permet aussi de ne pas dépendre exclusivement des mécanismes européens ou des initiatives américaines pour faire avancer les dossiers régionaux.
Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, défend l’idée que les crises régionales doivent d’abord trouver des solutions régionales, élaborées par les pays directement touchés par l’escalade des conflits.
Ce format pourrait constituer pour Ankara un levier d’influence, susceptible de transformer sa position géographique en capacité concrète de dialogue et de médiation dans la région, y compris entre la Russie et l’Ukraine.
Yahya Diallo pour Guistat.com

