C’est un sujet qui continue de faire les choux gras de la presse sénégalaise et internationale. Invité par Ousmane Sonko à un face-à-face télévisé sur la loi de finances rectificative (LFR) 2026, le chef du gouvernement a répondu qu’il n’avait pas le temps pour ce type d’exercice. Il invoque l’urgence des dossiers qui occupent son quotidien et rappelle que le Parlement demeure, selon lui, la seule tribune institutionnelle appropriée pour de tels débats.
« En ma qualité de chef du gouvernement, mon temps et mes forces intellectuelles et physiques sont mobilisés sur ces urgences », a indiqué Ahmadou Al Aminou Lo. Il explique ainsi préférer consacrer son énergie à ces priorités plutôt qu’à des joutes publiques, estimant que les débats de cette nature ont pour cadre naturel le Parlement. Sa réponse ferme la porte à la proposition de plateau formulée par le président de Pastef, qui souhaitait que « les Sénégalais jugent » sur la question budgétaire, rapporte Senenews.
Cette réponse intervient alors que le front social reste agité, avec un mot d’ordre de grève de 72 heures qui s’ajoute à d’autres revendications. Pour le Premier ministre, la gestion de ces tensions et des urgences budgétaires prime sur tout débat médiatique.
Le choix de renvoyer au Parlement n’est pas anodin : l’hémicycle est présidé par Ousmane Sonko lui-même, et le groupe Pastef y dispose d’une très large majorité. C’est dans cette enceinte que le Premier ministre avait présenté sa Déclaration de politique générale, répondant aux députés par des données et des explications techniques. Il s’y était déclaré conscient que l’exercice ne serait pas facile devant les élus du parti de son prédécesseur.
Ousmane Sonko plaide, lui, pour un échange public direct devant les citoyens sur les subventions, l’investissement, la fiscalité et les dépenses sociales. De son côté, le chef du gouvernement défend un traitement institutionnel, loin de la scène médiatique.
Yahya Diallo pour Guistat.com

