Lors d’un atelier du comité des femmes du Syndicat national de l’éducation (SNE), mercredi 21 octobre 2026, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a fait un constat sans détour sur le déficit récurrent d’enseignants qui touche le système éducatif guinéen.
Face aux représentantes syndicales, la ministre a tenu à rappeler la dimension structurelle de cette crise.
« Je suis la ministre de l’Éducation nationale, certes, mais la question de la pénurie d’enseignants est une question absolument systémique. Ce n’est pas une année, ce n’est pas juste maintenant que ça manque », a-t-elle martelé. Selon elle, le déséquilibre entre le nombre d’encadrants disponibles et la croissance démographique scolaire ne date pas d’aujourd’hui.
« Ça fait des années et des années que nous n’avons pas le nombre approprié d’enseignants et d’enseignantes pour le nombre d’élèves que nous avons dans le pays, et on sait que la projection est toujours en augmentation. »
Tout en reconnaissant l’ampleur du problème, la ministre a tenu à nuancer le constat en soulignant les recrutements et les réformes progressivement menés par l’État au cours de la dernière décennie. Pour aborder le sujet en profondeur, elle préconise de s’appuyer sur des données précises et factuelles.
« Pour pouvoir parler de ce thème de manière approfondie, j’ai personnellement besoin d’avoir des indicateurs de référence, parce que je sais que le pays a fait des efforts. Je pense qu’en 2017, 2020, 2022 et 2024, il y a eu des efforts pour augmenter le nombre d’enseignants dans le pays », a-t-elle précisé, refusant toute posture de déni. « On ne peut pas être dans une logique où on dit qu’il n’y a rien : il y a eu des efforts », a-t-elle insisté.
Cependant, la ministre concède aisément que la couverture globale des besoins reste un défi majeur pour l’exécutif.
« Est-ce que les efforts sont suffisants ? Je pense que personne au gouvernement n’a la compréhension de ce qui est suffisant. Tout le monde comprend qu’il y a un manque », dit-elle.
Cette prise de parole publique pose les jalons d’un dialogue direct avec les partenaires sociaux, alors que l’amélioration des conditions d’encadrement pédagogique demeure l’une des attentes centrales de la communauté éducative guinéenne.
Par Yamoussa Cheick Camara, pour Guistat.com
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