Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, est monté au créneau contre la décision rendue par la chambre des appels de la CRIEF en faveur de l’ancien ministre de la Défense nationale et des Affaires présidentielles, Dr Mohamed Diané. Il a exprimé son opposition à la décision rendue par le président Daye Mara, une décision qui condamne Dr Diané à 4 ans et 8 mois d’emprisonnement.
« Nous avons fait produire ici des éléments factuels selon lesquels, à l’époque, il percevait 400 et quelques millions comme salaire. On nous a répondu : “Non, vous n’étiez pas là au moment où il y avait tous ces débats, monsieur le procureur.” Nous avons aujourd’hui, plus que jamais, l’obligation de continuer à défendre l’intérêt de la société guinéenne à travers la reddition de comptes, à laquelle chacun de nous est appelé à se soumettre. Comment peut-on dire que les règles des marchés publics n’ont pas été violées pour le seul motif qu’il existe un procès-verbal de réception ? La loi sur la détection et la répression de la corruption est très claire : le non-respect des règles de procédure du Code des marchés publics est constitutif de corruption et d’infractions assimilées ; autrement dit, cela est assimilé à de la corruption. Mais alors, si vous dites qu’il n’y a pas eu détournement, vous savez néanmoins que les règles des marchés publics ont été violées. Et le juge saisi des faits est aussi saisi de toute question soulevée. Le juge, après appréciation des faits, pouvait, s’il y avait de la bonne foi, retenir quand même contre Dr Diané ces éléments plausibles qu’on lui reproche, au regard de la qualification juridique et des débats. Je ne discute pas ce qui a été dit, mais je conteste les motifs légaux qui ont été avancés. Dr Diané doit savoir que la bataille avec le parquet n’est pas terminée et qu’elle est loin de finir », a déclaré Charles Wright.
Cette réaction du procureur spécial de la CRIEF laisse entendre que l’affaire sera portée devant la Cour suprême dans les prochaines heures.
Mamadou Tanou Bah

