Dans les rues animées de la capitale guinéenne, une réalité silencieuse mais tenace ronge la jeunesse. Alors que le chômage frappe de plein fouet une grande partie de la population active, de nombreux jeunes se tournent vers les jeux de hasard. Loin d’être un simple loisir, cette pratique devient, pour certains, une bouée de secours dans un océan d’incertitudes économiques.
Le constat est sans appel : le manque d’opportunités professionnelles et les difficultés financières poussent une frange vulnérable de la population à chercher des solutions rapides, parfois au prix de risques inconsidérés. Avec une petite mise en poche, l’espoir de décrocher le gros lot grandit, mais la réalité est souvent tout autre. Les gains ne sont jamais garantis et la chute peut être brutale.
Pour comprendre ce phénomène de société, nous avons tendu notre micro à Mohamed Kaba, un jeune confronté de près à cette dure réalité. Son témoignage met en lumière le désespoir qui pousse ses pairs vers ces pratiques.
« Il faudrait créer davantage d’emplois et donner aux jeunes la possibilité d’apprendre des métiers », plaide-t-il d’emblée. Pour lui, la solution ne réside pas dans les salles de paris, mais dans l’investissement dans le capital humain. « Ainsi, ils pourraient gagner leur vie sans dépendre des jeux de hasard », ajoute-t-il avec conviction.
Mohamed Kaba décrit ensuite la mécanique psychologique qui anime ces jeunes désœuvrés. « Certains jeunes cherchent un moyen de gagner de l’argent parce qu’ils n’ont pas de travail. Ils pensent que les jeux de hasard peuvent leur permettre de gagner rapidement de l’argent pour répondre à leurs besoins », explique-t-il. Une vision court-termiste qui, selon lui, masque une détresse plus profonde et une absence de perspectives d’avenir.
Face à cette situation, la question de l’emploi des jeunes reste une préoccupation majeure en Guinée. Le phénomène des jeux de hasard n’est que le symptôme visible d’un malaise plus grand : l’incapacité du marché du travail à absorber une jeunesse de plus en plus nombreuse et qualifiée.
Les solutions envisagées, tant par les observateurs que par les jeunes eux-mêmes, convergent vers deux axes principaux : la création massive d’emplois et la formation professionnelle. Il ne s’agit plus seulement de distribuer des diplômes, mais d’offrir des compétences concrètes et adaptées aux besoins réels de l’économie guinéenne.
Si les jeux de hasard offrent un mirage de réussite rapide, ils ne sauraient constituer une politique de développement. Pour Mohamed Kaba et des milliers d’autres jeunes Guinéens, l’espoir réside ailleurs : dans un emploi stable, une formation qualifiante et la dignité de subvenir à ses besoins par son propre travail. Une équation que les autorités sont appelées à résoudre urgemment pour éviter que toute une génération ne mise son avenir sur la chance.
Moudatou Cissé pour GuiStat.Com

