Interpellé vendredi dernier par des hommes présentés comme des agents du renseignement militaire congolais, Kévin Bozizé affirme avoir été interrogé sur une présumée tentative de coup d’État en Centrafrique. Il rejette ces accusations et dit craindre pour sa sécurité.
Kévin Bozizé, fils de l’ancien président centrafricain François Bozizé, a été brièvement interpellé à Kinshasa, en République démocratique du Congo, avant d’être libéré. Selon son témoignage, l’arrestation a eu lieu vendredi dernier alors qu’il se trouvait aux abords des plateaux des Batéké, dans la commune de la N’sele, à Kinshasa.
Des hommes se présentant comme des agents du renseignement militaire l’auraient conduit dans un camp, où il a été interrogé. Les questions ont notamment porté sur une présumée association en vue de préparer un coup d’État en République centrafricaine. Une accusation qu’il qualifie de « farfelue ».
Après son interrogatoire, Kévin Bozizé dit avoir été transféré au quartier général des renseignements généraux de la police, où il affirme avoir passé trois nuits. Selon lui, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et la Commission nationale pour les réfugiés seraient intervenus pour permettre sa libération.
Désormais libre, le fils de François Bozizé se dit inquiet. Il craint pour sa sécurité et envisage de solliciter l’asile politique dans un pays éloigné de la Centrafrique. Réfugié en RDC depuis la chute du régime de son père, il y a treize ans, il voit dans cette interpellation une nouvelle source de vulnérabilité.
Sollicitées, les autorités congolaises et le HCR n’ont, pour l’heure, pas commenté cette affaire. En Centrafrique, l’interpellation de Kévin Bozizé semble également susciter peu de réactions. Son nom reste moins connu que celui de son frère, Jean-Francis Bozizé, recherché pour son rôle présumé dans la rébellion lancée en 2020 par leur père.
François Bozizé, ancien président centrafricain aujourd’hui en exil à Bissau, fait quant à lui l’objet d’un mandat d’arrêt international, notamment pour des accusations de crimes contre l’humanité. Dans ce contexte, l’arrestation de son fils à Kinshasa ravive les interrogations sur les réseaux présumés de l’ancien régime et sur la situation de ceux qui en sont issus, même lorsqu’ils vivent loin de la Centrafrique.
Pour Kévin Bozizé, l’essentiel est ailleurs : sortir de l’incertitude et se mettre à l’abri. Son interpellation, aussi brève ait-elle été, illustre la persistance des soupçons qui pèsent sur la famille Bozizé, plus de dix ans après la chute de son père.
Fatoumata Condé pour GuiStat.Com

