Ce mercredi 7 octobre 2026, le Palais du Peuple, à Conakry, a accueilli l’ouverture de l’atelier de validation des statuts et du règlement intérieur des Associations locales de cogestion des pêcheries (ALCP) des ports de Boulbinet et de Kaporo. L’initiative est portée par le ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, à travers le projet Blueval.
Présidée par la ministre Fatima Camara, la rencontre réunit, pendant deux jours, les associations professionnelles, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la filière. Au menu : l’examen minutieux des statuts et du règlement intérieur, avant la mise en place des bureaux exécutifs dans les deux débarcadères.
L’enjeu est de taille : impliquer directement les communautés portuaires dans la gestion de leurs sites. Une gouvernance participative qui rassemble pêcheurs, mareyeuses et fumeuses de poisson.
La ministre inscrit cette démarche dans la vision du chef de l’État : « Elle traduit une volonté claire : rapprocher l’action publique des communautés, responsabiliser les acteurs et mieux préserver nos ressources. Cette démarche s’inscrit dans les réformes engagées sous l’impulsion du président de la République et avec l’accompagnement du Premier ministre Amadou Oury Bah », a souligné Mme Fatima Camara.
Pour elle, cet atelier est loin d’être une simple formalité : « Nous savons tous que nos ressources halieutiques sont fragiles et que leur préservation ne peut reposer uniquement sur l’administration. Ceux qui vivent de la pêche connaissent leur environnement […] Il est donc naturel qu’ils soient pleinement associés aux décisions. C’est précisément le sens des ALCP », précise-t-elle.
La ministre a tenu à rassurer sur le rôle de l’État dans ce nouveau modèle : « La cogestion n’est pas le retrait de l’État. Celui-ci doit continuer à jouer pleinement son rôle : fixer les règles, garantir leur respect, protéger l’intérêt général et assurer la surveillance, le contrôle et la police des pêches », a-t-elle déclaré.
Une vision partagée par la cheffe du projet Blueval, Kaoru Takas, qui voit dans les ALCP un espace de décision commune. Avec l’appui du gouvernement du Japon et de la JICA, le ministère espère jeter les bases d’une gestion durable et apaisée des ports artisanaux, où l’État régule et où les communautés cogèrent.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

