À l’occasion de la rentrée parlementaire de la 10e législature, tenue les 5 et 6 octobre 2026 à Conakry, le président du Parlement libérien, Richard Nagbe Koon, a plaidé pour une gestion coordonnée, légale et humaine des migrations.
La rentrée parlementaire de la 10e législature a enregistré la participation d’au moins huit parlements de la sous-région, les 5 et 6 octobre 2026, à Conakry. Parmi eux figurait le Parlement libérien, représenté par son président. Dans son allocution, Richard Nagbe Koon s’est penché sur la question de l’immigration clandestine.
D’emblée, il a fait remarquer que les pays de la sous-région ouest-africaine partagent des défis communs : « l’immigration frontalière, la traite des êtres humains, le trafic illicite de migrants, l’insécurité, le commerce informel, le chômage et la faiblesse des infrastructures frontalières. La migration mérite une attention particulière », a-t-il déclaré.
Plus loin, Richard Nagbe Koon souligne que son pays, à l’instar d’autres États de la sous-région, accueille des migrants venus de toute l’Afrique de l’Ouest. Selon le parlementaire, ils seraient environ « 140 000 Burkinabè sans papiers ou en situation irrégulière », a-t-il fait savoir, avant d’ajouter :
« Si la migration contribue à nos économies et à nos sociétés, l’immigration clandestine peut engendrer des difficultés en matière de gestion des frontières, de sécurité, de fiscalité, de réglementation du travail et d’accès aux services publics. Notre réponse ne doit pas être hostile aux migrants. Elle doit être coordonnée, légale, documentée et humaine, tout en protégeant la sécurité nationale et la dignité de chaque personne », a-t-il déclaré.
Pour lui, ces défis ne peuvent être relevés par un seul pays agissant isolément. Il appelle à une coordination commune des parlements et au renforcement des lois : « Nos assemblées législatives peuvent renforcer nos lois relatives aux migrations, à la traite des personnes, à la gestion des frontières et au commerce frontalier, exercer un contrôle plus strict sur les institutions frontalières et promouvoir des accords qui facilitent la situation légale des personnes et des biens tout en protégeant nos communautés. Les frontières ne doivent pas être des barrières, mais des ponts correctement gérés et sécurisés. »
Par ailleurs, Richard Nagbe Koon a également appelé au renforcement de l’Union du fleuve Mano. « Nos présidents d’Assemblée ont déjà approuvé cette importante initiative. J’espère que les trois présidents d’Assemblée présents ici s’accorderont sur une date précise pour notre prochaine réunion, afin de finaliser les formalités restantes. Un Parlement de l’Union du fleuve Mano opérationnel peut offrir à notre région une plateforme permanente pour relever les défis communs, harmoniser les législations, faciliter le commerce, renforcer la coopération frontalière et promouvoir la paix et la sécurité », a-t-il martelé, avant de conclure :
« Nos exécutifs négocient des accords. Il appartient au Parlement de transformer ces accords en lois, en budgets et en institutions qui produisent des résultats. Nous nous engageons à bâtir une Union du fleuve Mano plus forte, une Afrique de l’Ouest plus intégrée et une Afrique dont les parlements s’expriment avec courage, unité et détermination. »
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com
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