Circuler à Kobaya est devenu un calvaire. Depuis plusieurs semaines, la route principale de ce quartier de la périphérie de Conakry s’est transformée en bourbier. Les pluies ont laissé derrière elles de larges flaques brunâtres qui recouvrent la chaussée. Au milieu, des nids-de-poule profonds piègent motos, tricycles et voitures.
Le spectacle est quotidien. Les livraisons sont retardées, les véhicules endommagés, les embouteillages interminables aux heures de pointe. « Sur 300 mètres, on peut passer 45 minutes », soupire un usager, excédé.
Sur le bas-côté, le petit commerce tente de résister. Installée à même le trottoir boueux, les pieds dans l’eau, Fatou Camara vend des condiments. Chaque averse complique un peu plus son activité.
« À cause de la boue, les clients ne viennent plus. Ils évitent la route. Ma marchandise pourrit, je perds de l’argent tous les jours », raconte la vendeuse.
Quelques mètres plus loin, Ibrahima Diallo pousse son engin embourbé. Conducteur de moto-taxi, il connaît par cœur les pièges de ce tronçon dégradé.
« Le trou là-bas m’a déjà cassé deux fois l’amortisseur. On tombe, on se blesse, et les clients ne veulent plus monter. On travaille à perte », confie-t-il.
Au-delà du désagrément quotidien, c’est toute l’économie locale qui tourne au ralenti. Commerçants, transporteurs et riverains subissent de plein fouet les conséquences d’une voirie abandonnée. L’absence de caniveaux fonctionnels empêche l’écoulement des eaux et aggrave chaque épisode pluvieux.
Ousmane Traoré pour Guistat.com

