Les élèves maliens ont repris le chemin de l’école ce jeudi, 1er octobre 2026. Une rentrée placée sous le signe de l’éducation et de la culture, selon le slogan de la junte au pouvoir. Mais dans de nombreuses régions, les cartables resteront fermés, à cause de pression djihadiste et indépendantistes.
Selon nos informations, 2 444 écoles sont fermées à travers le Mali, soit plus de 2 400 établissements. Conséquence directe : 733 200 enfants vont manquer les cours cette année. Un chiffre vertigineux, qui illustre l’ampleur de la crise sécuritaire dans le pays.
Les syndicats enseignants ont tiré la sonnette d’alarme. Ils dénoncent non seulement le nombre d’écoles fermées sur le territoire national, mais aussi la situation des enseignants encore en poste à Ménaka et à Kidal, dans le Nord du pays, où l’insécurité rend l’exercice du métier de plus en plus périlleux.
La cause principale de ces fermetures reste la dégradation du contexte sécuritaire et la menace jihadiste. Les zones concernées échappent largement au contrôle de l’État et sont sous l’influence de groupes armés : les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda.
La tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle s’aggrave d’année en année. En 2020, 1 300 écoles étaient fermées. Elles étaient 1 800 en 2024. Cette année, le cap des 2 444 est franchi, un record qui fait craindre une nouvelle année blanche pour des centaines de milliers d’enfants.
Cette rentrée intervient dans un contexte politique et sécuritaire explosif. Une récente attaque d’une grande envergure contre les autorités a causé la mort du ministre de la Défense. Un signe de plus de la pression qui pèse sur le pouvoir et de l’extension des zones de conflit.
Alors que la junte proclame une « Année de l’éducation et de la culture », le Mali doit faire face à une réalité cruelle : pour plus de 733 000 enfants, l’école reste un horizon inaccessible. Une urgence éducative et humanitaire qui risque de peser durablement sur l’avenir du pays.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

