Octobre rose ne concerne pas seulement les femmes. En République centrafricaine, le cancer du sein reste majoritairement associé à la gent féminine. Pourtant, certains hommes sont aussi diagnostiqués. C’est le cas d’Arsène Libi, âgé d’une cinquantaine d’années, qui a accepté de raconter son histoire.
« Le cancer du sein ne voit pas seulement les femmes, ça touche aussi les hommes. Je suis victime », confie-t-il à RFI. Son calvaire commence par une douleur au sein gauche. Après consultation, le diagnostic tombe : cancer du sein. « À l’époque, j’avais mal à mon sein, côté gauche, et le docteur m’a fait savoir que c’était le cancer du sein. Il y a encore des traitements à suivre. Je ne suis pas totalement guéri », explique-t-il.
Son témoignage brise un tabou. Dans un pays où la maladie est souvent perçue comme exclusivement féminine, les hommes concernés hésitent à consulter, par méconnaissance, gêne ou peur du regard des autres. Pourtant, le cancer du sein masculin existe, même s’il reste rare.
Au service de cancérologie de l’hôpital général de Bangui, la situation est préoccupante : 70 % des patients arrivent à un stade avancé de la maladie. Un chiffre alarmant, alors que le dépistage précoce peut permettre une meilleure prise en charge. Ce constat vaut pour les femmes comme pour les hommes.
Pour les spécialistes, l’enjeu est double : informer et dépister. Toute masse, douleur persistante, écoulement ou modification du mamelon chez un homme doit conduire à une consultation médicale. Le retard diagnostique complique les traitements et réduit les chances de guérison.
À l’heure où octobre rose appelle à la mobilisation, le cas d’Arsène Libi rappelle une évidence : le cancer du sein n’a pas de sexe. En Centrafrique, briser le silence, inclure les hommes dans les campagnes de sensibilisation et faciliter l’accès au dépistage sont devenus des urgences de santé publique.
Mohamed Souaré, pour Guistat.com

