À l’occasion du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, la jeunesse est au cœur des célébrations. À deux jours des festivités, un forum intitulé « Jeunesse et Avenir » a été organisé à Conakry. Un forum au cours duquel le ministre de la Jeunesse a tenu un « langage de vérité ». Lansana Béa Diallo, dont il est question, dit ne pas accepter le traitement salarial réservé aux jeunes.
« Il faut que les entrepreneurs comprennent une chose : quand tu as 100 %, c’est 90 % que tu dois donner aux gens qui travaillent, et 10 % dans ta poche. Aujourd’hui, c’est l’inverse, et c’est une réalité », déclare-t-il.
Selon lui, les employés sont « mal payés » dans les entreprises privées. Il cite notamment le cas d’une société de sécurité où des jeunes perçoivent 600 000 francs guinéens, tandis que l’entreprise encaisse 2,5 millions. « C’est un scandale. Messieurs les ministres, je vous le dis : c’est quelque chose qui me choque. Notre responsabilité, en réglementant cela, est de faire en sorte que les jeunes soient traités avec dignité », insiste-t-il.
Pour le ministre de la Jeunesse, cette situation ne rend pas justice au potentiel du pays. « Il faut qu’on tire tout le monde vers le haut », estime-t-il, avant d’ajouter : « Notre richesse du sous-sol doit contribuer à faire grandir la richesse qui se trouve au-dessus du sous-sol : nos femmes, nos hommes et notre jeunesse. Cela ne se fera pas en un jour. Cela demande du travail, de la formation, des investissements, des partenaires et, surtout, un lien beaucoup plus fort entre la formation, les compétences et les besoins réels de notre économie. »
S’agissant des compétences, nombreux sont les jeunes qui peinent à décrocher un premier emploi. Pour changer la donne, Lansana Béa Diallo envoie un message fort aux entreprises. « Quand un jeune vient vers vous, écoutez-le, même s’il n’a pas encore toutes les compétences, même si son CV n’est pas parfait, même si son projet doit être mûri. Parce que derrière un CV, il y a parfois un potentiel que le papier ne montre pas toujours. Il faut leur accorder des stages », suggère-t-il, avant de poursuivre :
« Proposez du mentorat, ouvrez vos entreprises aux jeunes. Lorsque vous voyez un talent, donnez-lui sa chance, parce que nous ne pourrons pas résoudre la question de l’emploi des jeunes uniquement depuis les bureaux de l’administration. L’État a sa responsabilité, les entreprises ont la leur, nos partenaires ont la leur, et les jeunes ont également la leur. C’est lorsque ces responsabilités se conjuguent que l’opportunité apparaît. Et c’est aussi là que la vision Simandou 2040 prend tout son sens », martèle-t-il.
Le ministre insiste : l’ambition ne doit pas se limiter à l’extraction du minerai. « Notre ambition doit être de faire émerger des compétences, des techniciens, des ingénieurs, des entrepreneurs, des innovateurs, des entreprises guinéennes capables de grandir. »
Mohamed Souaré pour Guistat.com.

