La Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé, ce 17 septembre 2026, une décision d’interdiction totale de diffusion visant la chaîne internationale France 24 sur toute l’étendue du territoire guinéen. Cette mesure exceptionnelle intervient après le refus de la chaîne, selon le régulateur, d’appliquer la mise en demeure formelle émise la veille.
Dans un communiqué rendu public ce jour, la HAC indique avoir constaté que France 24 n’a pas donné suite à la décision N°041/HAC/2026, qui lui ordonnait de cesser l’usage de termes jugés attentatoires à la dignité du Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et de procéder aux rectifications éditoriales requises.

Pour l’Autorité de régulation, le maintien de ces propos constitue « une insubordination caractérisée », « une offense persistante aux institutions républicaines » et « une violation flagrante de la souveraineté juridique de la République de Guinée ». La HAC estime que la situation exigeait une réponse ferme, au nom de la préservation de l’ordre public et de l’image du pays.

Au-delà de l’interdiction de diffusion, la HAC annonce avoir révoqué l’autorisation de diffusion de France 24 en Guinée et retiré les accréditations de ses correspondants. L’Autorité déclare également avoir réquisitionné l’ARPT ainsi que Canal+ Guinée afin d’assurer le blocage immédiat de tous les accès numériques et du signal de la chaîne sur le territoire national.
Cette décision ne concerne donc pas uniquement la diffusion hertzienne ou satellitaire : elle vise aussi les canaux numériques, dans une volonté affichée de rendre l’interdiction effective sur l’ensemble des supports.
En choisissant de frapper une chaîne internationale de cette envergure, la HAC adresse un signal fort. France 24, suivie par une partie importante du public guinéen et de la diaspora, se retrouve de fait coupée du territoire national, sauf contournement technique ou recours à des plateformes non bloquées.
Pour l’heure, la HAC n’a pas précisé la durée de cette interdiction ni les conditions dans lesquelles elle pourrait être levée. Aucune réaction officielle de France 24 n’a été rendue publique dans l’immédiat.
La mesure, présentée comme exceptionnelle par le régulateur, est en tout cas effective sur toute l’étendue du territoire guinéen, selon le communiqué de la Haute Autorité de la Communication.
Mohamed Lamine Bah pour GuiStat.Com

