Elle était là, droite comme une barre de fer, malgré le poids de l’âge. Habillée de bazin blanc de la tête au pied, Fatou Camara, dite Fatou PDG-RDA, arbore fièrement une cocarde aux couleurs du drapeau national. Ce vendredi 2 octobre 2026, au quartier Sans Fil, à Kaloum, là où s’est déroulé le défilé du 68e anniversaire de l’indépendance, l’octogénaire était parmi le public. Un accoutrement qu’elle porte, dit-elle, depuis l’époque de feu Ahmed Sékou Touré.
Née en 1946 à Sans Fil, Fatou PDG-RDA avait 12 ans le 2 octobre 1958. Ce jour-là, la Guinée dit « NON » à la domination française et proclame son indépendance. Soixante-huit ans plus tard, la scène reste gravée dans sa mémoire.
« Le 2 octobre 1958, j’étais encore une jeune fille, je vivais avec mes parents au quartier Sans Fil ici. J’étais petite, mon père était avec feu Ahmed Sékou Touré pour mener la lutte pour l’indépendance. Les festivités ont commencé à la cité chemin de fer à Coronthie, au niveau du siège de la fédération de Kaloum. La Guinée et le président Sékou Touré a dit non à la domination française, l’indépendance a été déclarée. C’était la joie totale en Guinée », se souvient-elle, la voix chargée d’émotion.
Fatou PDG-RDA n’a pas fréquenté l’école. Mais elle n’oublie pas, affirme-t-elle, ce que le premier président guinéen a fait pour elle. « Ahmed Sékou Touré est de la même génération que mon père. Moi, je n’ai pas fréquenté l’école, mais il m’a aidé à avoir un travail », confie-t-elle.
Pour elle, l’histoire de la Guinée ne s’est pas arrêtée au 2 octobre 1958. Elle croit dur comme fer que l’arrivée du président Mamadi Doumbouya correspond à une prédiction faite par feu Ahmed Sékou Touré. « Après l’accession du pays à l’indépendance, le président a dit une chose au siège de la fédération : des présidents vont se succéder à la tête du pays, mais c’est les jeunes qui vont montrer au monde l’immensité de son œuvre. C’est cette prédiction qui est tombée sur le président Mamadi Doumbouya », soutient-elle.
À 80 ans passés, Fatou PDG-RDA ne compte pas abandonner la célébration des dates historiques. Malgré les années, elle entend, tant que sa santé le lui permettra, continuer à prendre part aux commémorations comme celle du 2 octobre. Une manière, pour elle, de rester fidèle à la mémoire de ceux qui ont arraché l’indépendance de la Guinée.
Mamadou Bah pour GuiStat.Com

