À Kankan, les usagers du gaz butane dénoncent une hausse du prix de recharge des bouteilles et des retards persistants d’approvisionnement. Devant la base locale de FAPGAZ, plusieurs consommateurs racontent une situation qui complique leur quotidien et alourdit leurs dépenses. Selon les témoignages recueillis, la recharge d’une bouteille de 6 kg, auparavant facturée à 60 000 francs guinéens (GNF), serait désormais passée à 120 000 GNF.
Le gaz butane, apprécié pour sa rapidité d’utilisation et son caractère pratique, devient de plus en plus difficile d’accès pour certains ménages de Kankan. À la base de FAPGAZ, présentée comme chargée de l’approvisionnement de la ville, des consommateurs disent devoir attendre longtemps avant de récupérer leurs bouteilles, sans garantie de disponibilité du produit.
Commerçante, Hadja Mballou Kaba ne cache pas son désarroi. Venue récupérer sa bouteille après plusieurs jours d’attente, elle affirme que les difficultés d’approvisionnement perturbent ses activités quotidiennes. « J’ai envoyé ma bouteille il y a deux semaines. On m’a dit qu’il n’y avait pas de gaz, puis on m’a donné un programme. Je suis venue aujourd’hui, et on me dit encore qu’il n’y en a pas. Le gaz m’aide beaucoup parce que je suis commerçante : le matin, je prépare rapidement pour aller au marché, contrairement au charbon », témoigne-t-elle.
Mais au-delà des retards, c’est surtout la hausse du tarif qui suscite son indignation. Selon elle, le prix annoncé à son arrivée a bouleversé ses prévisions. « J’avais laissé deux bouteilles à recharger pour 120 000 GNF, mais à mon arrivée, on m’informe qu’une seule bouteille coûte désormais 120 000 GNF. Ce prix est trop élevé », déplore-t-elle.
Pour cette consommatrice, le recours au gaz butane ne relève pas seulement du confort. Il constitue aussi une alternative au charbon de bois, dont l’utilisation contribue à la pression sur les ressources forestières. Elle estime également que la cuisson au gaz permet de limiter l’exposition à la fumée produite par certains combustibles traditionnels. Face à cette situation, elle lance un appel aux autorités pour rendre le produit plus accessible. « Nous demandons aux autorités de nous aider à maintenir l’ancien prix de 60 000 GNF, voire de le ramener à 30 000 GNF », plaide-t-elle.
Les difficultés ne se limitent pas au prix. Abdourahamane Kaba, lui aussi rencontré devant la base de FAPGAZ, dénonce des délais qu’il juge excessifs pour récupérer une bouteille déposée à la recharge. « Le jour où j’ai déposé ma bouteille, on m’a dit de repasser dans deux semaines. Plus de deux semaines plus tard, je ne l’ai toujours pas reçue et on m’explique qu’ils ne travaillent pas pour le moment », rapporte-t-il.
Cette situation, selon lui, contraint les consommateurs à patienter sans visibilité sur la date à laquelle ils pourront disposer de leur bouteille. Une difficulté d’autant plus contraignante pour les ménages qui dépendent quotidiennement du gaz pour préparer leurs repas. Abdourahamane Kaba appelle donc les responsables concernés à prendre des mesures pour améliorer la disponibilité du produit et réduire les délais de livraison. « Même s’ils augmentent le prix, qu’ils fassent tout leur possible pour que les gens récupèrent leurs bouteilles à temps. Quand on dépose une bouteille, cela prend trop de temps alors que nous en avons besoin au quotidien. Je demande aux autorités de revoir le tarif à la baisse et de faciliter l’approvisionnement », insiste-t-il.
À Kankan, les témoignages recueillis traduisent le mécontentement d’usagers confrontés à une double difficulté : un coût de recharge annoncé à la hausse et des délais d’attente qui compliquent leur quotidien. Les consommateurs espèrent une intervention des autorités pour favoriser un approvisionnement régulier et garantir des tarifs plus abordables.
Contactée pour apporter des éclaircissements sur les causes de cette hausse tarifaire et des retards d’approvisionnement, la direction de l’antenne de FAPGAZ à Kankan n’a pas pu être jointe malgré nos tentatives. La rédaction reste disponible pour recueillir toute réaction ou précision de la structure sur cette situation.
Mohamed Aly Keita pour GuiStat.Com

