Deux officiers ont été tués et neuf soldats blessés mercredi 14 octobre dans la zone aurifère de Miski, dans le Tibesti. Le comité d’autodéfense local déplore les pertes humaines, mais maintient ses revendications : retrait du coordinateur de la brigade minière et application de l’accord du 20 avril 2025.
La tension est montée d’un cran, mercredi soir, dans le nord-ouest du Tchad. Dans la région du Tibesti, plus précisément à Miski, des affrontements ont opposé le comité d’autodéfense local à la brigade nationale de contrôle des activités minières. Le bilan est lourd : deux officiers ont été tués et neuf soldats blessés, selon les informations recueillies.
Sur les vidéos qui circulent, on entend des tirs à l’arme lourde et légère. On distingue des pick-up, des soldats blessés, et au loin, les montagnes du Tibesti. Des images qui témoignent de la violence de cet accrochage dans une zone aurifère en conflit depuis près de dix ans sur la répartition des revenus miniers.
Aux yeux de l’état-major, le comité d’autodéfense de Miski a franchi une ligne rouge. Il est considéré comme rebelle après avoir désobéi aux ordres lui intimant de « déposer immédiatement les armes ». Une décision qui acte la rupture entre les autorités militaires et ce groupe local, né dans un contexte de défiance autour de l’exploitation de l’or.
De son côté, le comité semble vouloir jouer l’apaisement. Il déplore les pertes humaines et présente ses condoléances, mais maintient ses revendications. Il réclame le retrait du coordinateur de la brigade minière, qu’il accuse d’être impliqué dans l’exploitation de l’or. Plus globalement, il exige l’application de l’accord signé le 20 avril 2025.
Cet accord avait été conclu après sept années de conflit. Il prévoit un cessez-le-feu, une amnistie, une intégration dans l’armée pour les combattants, et surtout l’annulation de tous les permis miniers en cours. Pour les communautés locales, ce texte devait mettre fin à une exploitation jugée inéquitable et à des années de violences.
Mais sur le terrain, son application reste partielle ou contestée. À Miski, l’or demeure au cœur des tensions. Le retrait du coordinateur de la brigade minière, réclamé par le comité d’autodéfense, n’a pas été obtenu. Et l’ordre de déposer les armes a transformé les membres du comité en cible de l’armée.
Mercredi soir, la situation restait confuse. Ce duel entre militaires et comité d’autodéfense illustre l’enlisement d’un règlement à la fois sécuritaire et minier dans le Tibesti. Une nouvelle spirale de violences que personne, dans cette région déjà fragile, ne semble en mesure d’arrêter.
Fatoumata Condé pour Guistat.com

