Rumbek, située au centre du pays, a été le théâtre, vendredi 9 octobre 2026, de violents affrontements communautaires. Selon RFI, plusieurs jeunes armés issus d’un clan Dinka du nord ont pris le contrôle de la ville pendant quelques heures, provoquant la fuite des habitants. Le gouvernement fait état de 71 morts, dont quatre soldats de l’armée sud-soudanaise, et a annoncé le déploiement de forces de sécurité supplémentaires. De son côté, l’ONU a déployé des Casques bleus. Ces événements témoignent d’une dégradation de la situation sécuritaire au Soudan du Sud, qui rend très incertaine la tenue des élections prévues en décembre.
Des habitants fuyant au son des tirs de kalachnikov, des corps gisant dans les rues : les images venues de Rumbek ont choqué. Vers 4 heures du matin, des groupes de jeunes bergers lourdement armés sont entrés dans la ville, poursuivant des jeunes d’un clan rival. Le bilan est lourd : 71 personnes tuées, selon le gouvernement, qui a toutefois confirmé que Rumbek était sous son contrôle vendredi soir.
Des Casques bleus ont été déployés afin de « prévenir les combats » et de « protéger l’hôpital et les ONG », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, vendredi en fin de journée. « La situation est calme mais tendue », a-t-il ajouté. Selon Machot Amuom, chercheur sud-soudanais, il s’agit d’un conflit entre deux clans Dinka « dont les causes historiques n’ont jamais été résolues ».
Interrogé, Daniel Laat Kon, de l’organisation de la société civile CEPO, estime que la dissolution du gouvernement de transition, le 22 septembre, a joué un rôle, le nouveau gouvernement local n’étant pas encore pleinement installé à Rumbek. Il souhaite que l’État désarme les jeunes civils sud-soudanais en amont des élections. « Comment envisager de préparer un scrutin quand les gens vivent dans la peur ? » s’interroge-t-il.
En août dernier, les Nations Unies dressaient déjà un constat alarmant, à quatre mois seulement de l’élection présidentielle prévue en décembre, alors que les conditions d’un scrutin crédible sont loin d’être réunies.
Yahya Diallo, Guistat.com

