La voie qui relie le siège du RPG Arc-en-ciel, situé à Gbessia, à la Mairie de cette même commune, demeure méconnaissable depuis maintenant près de deux ans. Autrefois praticable, cette route stratégique, qui dessert une clinique et plusieurs écoles, n’est aujourd’hui qu’un chapelet de cratères, un cauchemar quotidien pour les automobilistes et les habitants.
Oubliez les nids-de-poule. Ici, les usagers parlent de « nids d’éléphants ». Des excavations béantes qui avalent les roues, brisent les suspensions et transforment chaque trajet en un véritable parcours du combattant. Pour les chauffeurs de taxis et les motards, qui n’ont d’autre choix que d’emprunter cet axe, la route est devenue un « suicide mécanique ».
La situation, déjà critique, se dégrade davantage à chaque saison des pluies. Le fossé, censé canaliser les eaux, est totalement obstrué par des années d’accumulation d’ordures et de boue. Résultat : à la moindre averse, les eaux usées et les déchets se déversent sur une chaussée déjà exsangue, rendant la circulation périlleuse, voire impossible.
Le sentiment d’abandon domine chez les riverains. Aboubacar Camara, qui vit sur cet axe depuis plus de dix ans, témoigne d’une situation qui ne cesse de se dégrader.
« Cette route nous fatigue vraiment. Depuis des années, la situation que nous vivons ici est catastrophique. Ils viennent démarrer les travaux, puis ils abandonnent. Et quand il pleut, le fossé qui doit servir de canal est bloqué. Donc toutes les ordures et les eaux des fossés se déversent sur la chaussée. Nous souffrons énormément. L’État doit vraiment nous aider pour pouvoir arranger la route. »
M. Camara décrit une situation d’autant plus frustrante que des efforts avaient été entamés. « Lorsqu’ils ont commencé les travaux, dans un premier temps, ils ont mis du granit. Après quelques temps, ils ont arrêté. La saison de pluie est arrivée et l’eau a emporté tout le granit qui était là. Il y a des grands trous, on ne peut même pas oser envoyer le véhicule dedans », explique-t-il.
Faute de système d’évacuation fonctionnel, ce sont les habitants eux-mêmes qui se retrouvent en première ligne pour tenter de limiter les dégâts. « Il n’y a pas de canalisation. Le fossé qui est là, qui doit servir de conduite d’eau, est complètement bouché par les ordures et la boue. Donc les ordures se déversent et l’eau sur la chaussée. C’est nous qui sommes parfois à tout moment obligés de sortir pour nettoyer afin de rendre la route propre », rapporte M. Camara.
Pour Ibrahima Traoré, un autre citoyen, le danger est permanent. Il lance un appel pressant aux autorités.
« Vraiment, on en a marre de cette route qui est beaucoup pratiquée. Parfois, quand tu passes ici, il y a les motards qui te déversent de l’eau, les véhicules également. Donc on a du mal à passer. L’État vient, ils commencent à travailler mais finalement ils abandonnent. Lorsqu’il pleut, on ne peut même pas oser passer ici parce que l’eau qui se déverse sur la chaussée est vraiment abondante et dangereuse. Nous demandons à l’État de faire face à ce que nous traversons ici, c’est vraiment un calvaire pour nous les citoyens. »
Entre des travaux abandonnés, une canalisation inexistante et des pluies diluviennes, la route du siège du RPG à la Mairie de Gbessia est devenue le symbole d’une urbanisation en détresse. Les riverains, eux, ne demandent qu’une chose : que l’État entende leur appel et transforme enfin ce calvaire en une voie praticable et digne.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

