Depuis la rentrée, les élèves de l’école primaire de Gbessia Centre, étudient dans des conditions qui défient toute notion de dignité. Sous des toitures percées dans des salles transformées en flaques d’eau, souvent privés de tables-bancs, ils suivent les cours « les pieds dans l’eau ». Les images prises sur place témoignent d’un délabrement total, alors que l’établissement, créé en 1977, n’a jamais été rénové.
La directrice de l’école primaire de Gbessia Centre, Hadja Binta Condé, ne cache pas son désarroi. Elle raconte avoir tenté, avec les moyens du bord, d’améliorer le cadre.
« Depuis la création de l’école en 1977, elle n’a jamais été rénovée. Quand je suis arrivée, j’ai essayé de faire quelque chose. Ce n’était pas le toit, c’était juste les grandes herbes à l’intérieur ; j’ai tout enlevé. J’ai fait la peinture. Mais même si tu fais la peinture maintenant, ça coule, ça ne peut pas tenir », déplore-t-elle.
Malgré ses démarches, les promesses n’ont pas été suivies d’effets. « Les gens sont tellement passés ici, mais j’aimerais aussi que vous veniez à notre aide pour la rénovation de cette école. Nous sommes passés dans beaucoup de services. Les gens viennent ici, on nous promet, mais comme cela ne se réalise pas, on ne sait pas pourquoi. Vous-même avez vu les dégâts, et chaque fois c’est comme ça », ajoute la directrice.
Le constat est tout aussi alarmant pour la directrice communale de l’éducation de Gbessia, Hadja Fanta Kanté, venue se rendre compte de la situation. Elle décrit une école où l’urgence n’est plus seulement matérielle, mais aussi sécuritaire.
« Vous-même voyez, ce n’est pas pour rire que je suis venue m’arrêter ici. Les enfants étudient dans l’eau, il n’y a pas de tables-bancs. La toiture fuit, on a même peur. C’est une école de longue date. Depuis qu’elle a été construite, vraiment, elle n’a pas eu de retouches ni rien. Et vu la façon dont elle a été construite, les toilettes n’ont pas de pente. Donc quand il pleut, l’eau reste sur les dalles, même à l’intérieur ; tout est abîmé », s’indigne-t-elle.
Face à ce tableau, la DCE lance un appel pressant aux autorités éducatives et aux bonnes volontés. « Je lance un appel à l’autorité éducative et aux personnes de bonne volonté pour qu’elles nous viennent en aide, surtout pour cette école de Gbessia Centre, afin que ces enfants puissent étudier dans les mêmes conditions que les autres enfants de la Guinée. C’est dans un état de délabrement total. Depuis nos vacances, nous sommes sur le terrain. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de satisfaction totale. On pensait qu’on allait reprendre l’école avant l’ouverture. On a été obligés de recevoir les enfants encore dans la crainte, dans la même situation ; les images peuvent en témoigner », a-t-elle conclu.
À Gbessia Centre, la rentrée s’est donc faite sous le signe de l’urgence. Entre toits qui fuient, salles inondées et absence de mobilier, l’école primaire attend toujours des travaux dignes de ce nom. Les responsables espèrent que leur cri de cœur sera enfin entendu, pour que les élèves de Gbessia Centre ne soient plus condamnés à apprendre dans l’eau et dans l’angoisse.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

