L’interdiction des sachets d’eau potable en Guinée continue de susciter de vives préoccupations. À l’hémicycle, le député Ousmane Kaba a dénoncé une décision prise sans évaluation préalable de ses conséquences sociales et sanitaires.
Selon lui, le manque d’anticipation des autorités plonge aujourd’hui les ménages guinéens dans une situation précaire, marquée par une pénurie d’eau et une hausse généralisée des prix.
Pour le président du PADES, le péché originel de cette décision réside dans l’absence d’études d’impact menées en amont.
« À l’heure actuelle, on a pris une décision en Guinée : celle d’interdire les déchets en plastique. Mais ce qu’on constate, c’est qu’on n’a pas évalué, avant la mise en œuvre de cette politique, son impact. Cette absence d’évaluation a priori a eu des conséquences », a-t-il regretté.
Selon le constat de l’économiste, les répercussions sur le quotidien des citoyens se manifestent à plusieurs niveaux. La disparition brusque des sachets entraîne, dit-il, une rupture générale d’approvisionnement, affectant directement l’accès à une ressource pourtant fondamentale.
Autre constat du député : l’alternative en bouteille subit une forte pression inflationniste. Les packs de bouteilles d’eau ont vu leurs prix bondir, passant de 25 000 à 40 000 GNF, selon nos observations.
Au-delà de ces difficultés économiques, le député alerte sur des risques sanitaires majeurs. Privées d’options abordables, les populations des grands centres urbains risquent de se tourner vers des points d’eau non traités, ouvrant la porte à une résurgence de maladies hydriques graves, telles que le choléra.
En soulignant ces dérives, l’ancien ministre des Finances rappelle un principe fondamental de gouvernance : l’urgence de conduire une évaluation rigoureuse des politiques publiques avant d’imposer des réformes majeures, afin de mesurer leurs conséquences réelles sur la population.
Yamoussa Cheick Camara, pour Guistat.com
Tél. : 621 81 88 35

