La bataille médiatique et judiciaire autour des suites du procès des événements du 28 septembre 2009 franchit un nouveau cap. Au lendemain d’une conférence de presse animée par Maître Thierry Breton au nom de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et des parties civiles, la riposte des conseils du Général Bienvenu Lamah ne s’est pas fait attendre.
Dans un communiqué au ton ferme, Mes Zézé Kalivogui, Pépé Antoine Lama, Murielle Houesse Houindo et Paul Lazard Gbilimou expriment leur « vive indignation » face aux propos tenus le 29 septembre par l’avocat de la FIDH. Ce dernier contestait l’acquittement du Général Lamah ainsi que sa récente promotion au grade de Général de brigade par le chef de l’État.
Le collectif d’avocats accuse la FIDH d’entretenir la confusion en continuant de présenter leur client comme le « principal accusé », ignorant sciemment la portée juridique de son acquittement.
« La culpabilité ne se décrète pas lors d’une conférence de presse. Elle doit être établie devant les juridictions compétentes. Toute contestation d’une décision de justice doit emprunter les voies de recours prévues par la loi », ont-ils rappelé avec force.
Soutenant l’élévation en grade de leur client, les avocats rappellent le parcours du serviteur de l’État, qui a notamment occupé les fonctions de Commandant de la Gendarmerie régionale de Conakry, et saluent la reconnaissance accordée par le Président de la République.
Le collectif ne s’arrête pas à la défense d’honneur et attaque directement la cohérence des démarches de l’organisation des droits humains, soulevant deux points majeurs.
D’abord, l’indemnisation des victimes. Ils s’interrogent sur le « silence de la FIDH » concernant les conditions de versement des indemnisations du premier volet du procès. Estimant que la décision concernée n’était pas définitive, la défense de Bienvenue Lamah exige une gestion transparente pour éviter tout paiement indu aux dépens de l’État.
Ensuite, ces avocats demandent des clarifications sur une ordonnance de non-informer ayant profité au ministre de la Défense en fonction au moment des faits. Ils dénoncent une posture à géométrie variable qui consiste à contester l’acquittement du Général Lamah tout en restant silencieux sur une décision ayant stoppé des poursuites contre un autre responsable de l’époque.
Rappelant à Maître Thierry Breton les devoirs de « dignité, de modération et de délicatesse » propres à la profession d’avocat, la défense du Général Lamah exige l’arrêt immédiat de ce qu’elle qualifie de « campagne d’atteinte à l’honneur ».
Le collectif prévient qu’il se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires ainsi que de saisir les instances disciplinaires compétentes contre les auteurs de ces propos.
« La Guinée mérite respect, la justice guinéenne est souveraine », conclut le collectif, réaffirmant qu’aucune organisation ne peut substituer ses prises de position aux décisions rendues par les juridictions nationales au nom du peuple guinéen.
Moussa Camara pour Guistat.com
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