Alors que le gouvernement guinéen a lancé, ce lundi 21 septembre 2026, le concours de recrutement de milliers d’enseignants pour pallier un déficit criard dans le secteur éducatif, la contestation monte d’un cran. La secrétaire générale du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), Kadiatou Bah, fustige une opération « tronquée » visant, selon elle, à des fins lucratives.
C’est une rentrée sous tension pour le secteur éducatif guinéen. Si l’exécutif justifie ce concours par la nécessité de répondre à un « manque criard » d’enseignants, la méthode et les chiffres annoncés suscitent l’indignation au sein de l’intersyndicale de l’éducation (FSPE, SNE et SLECG).
Au cœur de la polémique : le sort réservé aux enseignants communautaires et contractuels, déjà en poste mais souvent précaires. Dans une sortie virulente en début de semaine, Kadiatou Bah a exprimé son incompréhension face à la soudaineté de l’opération. « À notre forte surprise, on nous dit que les inscriptions ont déjà commencé dès aujourd’hui (21 septembre 2026). On les met où ? », s’interroge-t-elle, pointant du doigt le manque de préparation et de concertation.
La syndicaliste dénonce également une minimisation volontaire des effectifs concernés par la régularisation. « On nous a fait comprendre qu’il y a des techniciens au niveau du ministère qui sont allés jusqu’à dire qu’ils ne sont que 200 personnes. Pendant qu’ils sont des milliers parce qu’ils font plus de 2000 personnes. On veut aller où avec ça ? », a-t-elle déploré.
Mais c’est sur la cohérence globale du projet que l’analyse de la responsable syndicale se fait la plus acerbe. Alors que l’objectif affiché est de recruter 8 000 nouveaux enseignants, le calcul ne semble pas correspondre aux réalités du terrain. « Aujourd’hui, le gouvernement veut recruter 8 000 enseignants. Vous prenez les enseignants communautaires, vous prenez ceux de Conakry qui ne dépassent pas 2 000, on veut recruter 8 000. On veut les amener où ? »
Pour l’intersyndicale, l’équation est simple : ce concours ne vise pas à résorber le chômage ou à améliorer la qualité de l’enseignement, mais bien à servir des intérêts personnels. « Si ce n’est pas pour encore tronquer ce soi-disant concours pour se remplir les poches, on n’acceptera pas », a martelé Kadiatou Bah.
Entre le besoin urgent de personnel éducatif et les accusations de clientélisme et de corruption, le climat social dans le secteur de l’éducation guinéen s’annonce particulièrement houleux. L’intersyndicale, qui menace de ne pas cautionner l’opération, attend désormais des réponses claires du ministère pour garantir un processus transparent et inclusif.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

