À l’occasion de la publication de la liste du Syli National pour les deux prochains matchs des éliminatoires de la CAN TotalEnergies 2027, le sélectionneur Paulo Duarte a poussé un coup de gueule contre les dysfonctionnements administratifs qui perturbent les rassemblements de la Guinée. En cause : l’absence de passeport de service pour les internationaux.
C’est une sortie sans langue de bois. Devant la presse, Paulo Duarte n’a pas caché son agacement. Le sélectionneur de la Guinée dénonce un problème récurrent qui, selon lui, relève de l’amateurisme : aucun joueur de la sélection nationale ne dispose de passeport de service. Une situation qui complique chaque déplacement et chaque stage.
« Je suis professionnel, je ne marche pas dans la désorganisation. Je veux que la Guinée avance dans l’organisation. Aujourd’hui, par exemple, on a d’énormes problèmes à cause du visa. C’est inadmissible pour moi, comme coach national, que jusqu’à aujourd’hui, la Guinée, ne dispose pas de passeport de service pour ses joueurs », a-t-il lancé d’entrée.
Le technicien portugais explique ensuite les conséquences concrètes de cette carence. Pour obtenir un visa, les joueurs sont parfois contraints de multiplier les trajets, loin de leurs clubs et de leurs familles. Un véritable casse-tête logistique.
« Quand on va à l’extérieur, c’est une confusion énorme. Et moi, je peux me cacher avec ça. Il y a d’autres problèmes plus graves. Pour faire le visa ici, c’est trop compliqué. On oblige les joueurs à faire 6 heures de voyage d’un pays à un autre pays, d’une ville à une autre, pour aller à l’ambassade. Ce n’est pas le jour-j qu’il faut faire le visa. Et parfois, le club ne permet pas. Toutes les équipes nationales ont un passeport de service sauf la Guinée. C’est un pays qui a des responsabilités dans le domaine africain », rappelle-t-il.
Au-delà des tracasseries administratives, Paulo Duarte pointe un impact direct sur la performance sportive. Certains joueurs arrivent au rassemblement avec deux jours de retard, alors que le temps de préparation avant un match est déjà limité.
« J’ai déjà parlé de ça cinq fois concernant l’urgence de faire un passeport de service, pour éviter que le joueur demande au club. Et parfois un joueur arrive deux jours après le stage, car avant le match normalement on a quatre jours pour faire l’entraînement. Il y a un joueur qui arrive, deux jours après, à cause du manque de visa, ça bloque le modèle d’entraînement, ça bloque l’entraîneur, ça bloque la qualité de l’entraînement de l’équipe, et comme ça, si on s’entraîne mal, on joue mal », déplore-t-il.
Le sélectionneur estime même que cette situation explique, en partie, les refus de convocation. « Cet état de fait empêche aujourd’hui beaucoup de joueurs de répondre à mon invitation », selon lui. Avant d’ajouter : « Et parfois, on critique les joueurs qui refusent de venir, mais parfois aussi, ils ont raison peut-être. Parce qu’ils regardent qu’il n’y a pas d’avancée. Dans certains aspects, c’est facile de régler. »
À l’issue de la publication de la liste, Paulo Duarte a été reçu par le ministre guinéen des Sports, Cellou Baldé. Ce dernier dit avoir pris la mesure des difficultés soulevées par le sélectionneur et assure être à pied d’œuvre pour permettre au Syli National d’aborder les prochaines échéances dans de meilleures conditions.
« Les échanges ont permis également d’identifier certaines préoccupations d’ordre technique et administratif. J’ai pris bonne note de ces difficultés. Notre objectif est clair : permettre au Syli National de préparer ces échéances dans les meilleures conditions et de défendre dignement les couleurs de la Guinée », a-t-il déclaré.
Reste maintenant à savoir si les contraintes dénoncées par Paulo Duarte seront réellement levées. La Guinée doit se déplacer en Afrique du Sud le 26 septembre prochain, avant de recevoir le Kenya cinq jours plus tard à Conakry. D’ici là, le dossier des passeports de service pourrait bien devenir un test de crédibilité pour l’organisation du football guinéen.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

