Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, vient de boucler une visite d’État de quarante-huit heures en Côte d’Ivoire. Reçu dimanche 13 septembre 2026 par son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’un dîner à huis clos, il a abordé avec lui plusieurs dossiers stratégiques et sensibles pour la stabilité et la prospérité des deux pays.
Premier sujet au menu des discussions : la menace sécuritaire persistante dans l’espace ouest-africain. Face à la criminalité transfrontalière et au terrorisme, Mamadi Doumbouya a invité son homologue ivoirien à renforcer la coopération bilatérale. « Il n’y a pas de développement sans paix ni stabilité », a-t-il martelé, avant de proposer un travail conjoint en matière d’échanges de renseignements et de lutte contre les réseaux criminels et terroristes.
« Notre espace géographique fait face à des défis sécuritaires de toute nature. Nous sommes disposés à travailler avec vous en matière d’échanges de renseignements, de lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme », a-t-il suggéré à Alassane Ouattara.
Autre dossier stratégique évoqué par le président guinéen : la baisse des échanges commerciaux entre Conakry et Abidjan. Pour Mamadi Doumbouya, le niveau des échanges ne reflète pas encore les nombreuses potentialités économiques dont disposent les deux pays. Il a plaidé pour le renforcement de la coopération économique, compte tenu de leurs atouts miniers et agricoles.
« Les échanges commerciaux ne reflètent pas encore les nombreuses potentialités économiques dont disposent les deux pays. Nos deux économies sont appelées à être complémentaires. Nous disposons de vastes terres agricoles, du gisement de fer de Simandou, de la bauxite avec bientôt au moins trois raffineries d’alumine, ainsi que de la plus grande raffinerie d’or d’Afrique qui sera inaugurée avant la fin de l’année », a annoncé le chef de l’État guinéen.
Lors de ce tête-à-tête, Mamadi Doumbouya a également salué le soutien d’Abidjan tout au long du processus électoral. Un geste diplomatique qui traduit la volonté de Conakry de consolider ses relations avec son voisin ivoirien, dans un contexte régional marqué par de multiples transitions politiques et sécuritaires.
À l’issue de cette visite de 48 heures, les sujets abordés (sécurité, renseignement, commerce, mines et agriculture ) dessinent les contours d’une coopération bilatérale plus pragmatique. Pour Conakry comme pour Abidjan, la stabilité et la prospérité de l’espace ouest-africain passent par un dialogue renforcé. Le dîner à huis clos du 13 septembre 2026 restera peut-être comme une étape discrète, mais importante, de ce rapprochement.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

