Le tribunal de première instance de Labé a ouvert, ce vendredi 16 octobre 2026, le procès très attendu de 16 jeunes poursuivis pour des infractions liées à la consommation de chicha. Entre dénégations et interrogations sur le flagrant délit, les deux premiers prévenus ont livré leurs versions des faits.
C’est une audience à forte affluence qui s’est tenue ce vendredi au tribunal de première instance de Labé. Seize jeunes citoyens sont appelés à répondre de leurs actes devant la justice pour des faits présumés de « consommation de chicha dans les locaux à usage collectif, contrebande, recel de chicha et omission d’afficher l’avis très lisible de l’interdiction de fumer ».
Dès l’ouverture des débats, le président du tribunal, Boubacar Barry, a appelé à la barre les deux premiers prévenus : Ousmane Diallo et Aissatou Diallo, une marchande basée à Tata 2. Ils sont spécifiquement poursuivis pour recel et consommation de chicha dans des lieux publics.
Interrogée la première, la prévenue Aissatou Diallo a livré une défense centrée sur sa méconnaissance des faits. Se présentant comme tenancière d’un restaurant situé au sein du Night Club « Kashagui », elle affirme que les agents de sécurité ont fouillé son établissement sans rien trouver de suspect.
Selon sa déclaration, les appareils de chicha ont finalement été découverts dans une chambre fermée à clé dont elle ne détenait pas les moyens d’accès. « Je nie avoir été impliquée dans cette affaire de chicha », a-t-elle martelé face à la cour, tentant de se dissocier des objets saisis.
À sa suite, Ousmane Diallo, en charge de la sécurité au sein de la même boîte de nuit, a également nié les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué avoir été interpellé alors que les agents procédaient à une fouille de l’établissement.
Son argumentaire repose sur l’absence de flagrant délit visuel. Il soutient qu’aucun consommateur de chicha n’était visible au moment de l’intervention, bien qu’une odeur suspecte se dégageait des lieux. C’est sur la base de ces éléments olfactifs que les agents ont procédé à son arrestation.
Après avoir entendu ces premières dépositions, le président du tribunal, Boubacar Barry, a décidé de suspendre l’audience, pour une reprise prévue après la prière de 14 heures.
Ce procès met en lumière les efforts des autorités judiciaires de Labé pour faire appliquer les restrictions sanitaires et les interdictions liées à la consommation de chicha dans les espaces collectifs, une pratique de plus en plus répandue chez les jeunes.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

