C’est dans une atmosphère de frustration et de colère que la coordination des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry a haussé le ton, ce mardi. Partis de la Bourse du Travail, les manifestants ont marché jusqu’aux abords du Palais Mohamed V, à Kaloum, pour se faire entendre.
Dans une déclaration au ton très ferme, lue au nom de la coordination, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « trahison de l’intersyndicale de l’éducation » à leur égard, ainsi que le non-respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre l’intersyndicale de l’éducation, la FSPE, le SNE et le SLECG et le gouvernement.
« Le dossier est déjà oublié, suite à la trahison de l’intersyndicale de l’éducation vis-à-vis du gouvernement. C’est avec un cœur rempli de déception que nous nous adressons aujourd’hui à la nation », déclare Mohamed Latige Ibrahim Sylla, coordinateur général.
Au centre de la colère : le non-respect du protocole signé le 3 janvier 2026, dont ils exigent l’application du point 7.
« Nous exigeons sans délai le respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026, en son point 7, qui prévoit l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique par le biais d’un concours pratique de classe. Parce qu’on ne peut connaître la valeur d’un enseignant si ce n’est en classe », a-t-il rappelé.
Pour se faire entendre, la coordination annonce une mesure forte : la suspension des cours dans tous les établissements publics de la capitale.
« Nous demandons à tous les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry de quitter les salles de classe jusqu’à la satisfaction de notre revendication. C’est une situation qui dure depuis 2018 », a expliqué Mohamed Latige Ibrahim Sylla.
Les hommes de la craie interpellent ensuite le chef de l’État et son Premier ministre, tout en expliquant que leur cas ne représente pas un poids pour l’État.
« Nous attirons l’attention du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, et du chef du gouvernement, Bah Oury. L’État a besoin de 8 000 enseignants sur un besoin global de 18 000, mais Conakry n’en compte même pas 2 000. Pourquoi ne pas nous évaluer en classe ou, à défaut, nous engager sans condition ? », s’interroge Mohamed Latige Ibrahim Sylla, coordinateur général des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

