À l’occasion d’Octobre rose, la Guinée dévoile un plan ambitieux mêlant vaccination, dépistage de masse et construction d’infrastructures spécialisées. Objectif : renforcer la prévention et l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
La Guinée franchit une étape décisive dans la lutte contre les cancers. Dans un discours diffusé à la télévision nationale, à l’occasion d’Octobre rose, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a présenté la feuille de route du gouvernement pour renforcer la prévention et l’accès aux soins à travers le pays.
Après une édition 2025 qui a permis de sensibiliser plus de 15 000 personnes et de réaliser plus de 7 000 examens de dépistage, les autorités revoient leurs ambitions à la hausse. Pour Octobre rose 2026, l’objectif est d’atteindre au moins 100 000 personnes dans les dix régions administratives de la Guinée. La stratégie repose sur le rapprochement des services de dépistage des populations et sur l’amélioration continue de la prise en charge médicale.
Parmi les annonces majeures figure la prévention du cancer du col de l’utérus, enjeu majeur de santé publique aux côtés du cancer du sein. Dès 2027, le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), responsable de la grande majorité des cas de ce cancer, sera officiellement intégré au Programme national de vaccination, a-t-on appris. Cette mesure ciblera en priorité les jeunes filles, afin de leur garantir une protection précoce.
Afin de structurer l’offre de soins sur le long terme, le gouvernement a également acté le lancement, en 2027, des travaux de construction de deux centres de cancérologie, à Conakry et à Kankan. Ces nouvelles infrastructures permettront de développer une prise en charge spécialisée directement sur le territoire national et, surtout, de réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger, particulièrement coûteuses et complexes pour les familles.
Alors que plus de 2 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année en Guinée, le retard de prise en charge demeure un obstacle majeur : la plupart des patientes consultent à un stade déjà avancé. Face au manque d’information et aux barrières d’accès aux soins, la ministre Khaïté Sall a lancé un appel direct à la population.
« Chères femmes de Guinée, je vous invite à profiter des services de dépistage disponibles. Chers hommes, n’attendez pas l’apparition de complications pour consulter », a-t-elle déclaré.
Yamoussa Cheick Camara, pour Guistat.com
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