Dans le cadre du renforcement de la collaboration interministérielle et de l’amélioration du cadre de vie en Guinée, une rencontre clé s’est tenue ce jeudi 8 octobre 2026 entre le ministère de l’Assainissement et celui de l’Élevage, dirigé par Alpha Bacar Barry. Au cœur des discussions : la salubrité dans les abattoirs, l’organisation des marchés à bétail et l’instauration du principe « pollueur-payeur ».
Si les abattoirs et les marchés à bétail jouent un rôle économique central dans l’approvisionnement alimentaire des populations, leurs conditions actuelles d’hygiène constituent un défi majeur de santé publique. L’occupation anarchique des abords des voies publiques et l’accumulation des déjections animales et des résidus d’abattage impactent directement la santé des consommateurs, des travailleurs et des riverains.
Face à ce constat, le gouvernement entend changer de paradigme. Les eaux usées et les résidus d’abattage ne doivent plus être perçus comme de simples nuisances, mais comme des ressources exploitables. Grâce à un tri et à un traitement adaptés aux normes sanitaires, une partie de ces déchets sera transformée en compost ou en biogaz, tandis que les matières non valorisables bénéficieront d’un circuit de collecte et d’élimination sécurisé.
Accueillant favorablement cette dynamique conjointe, le ministère de l’Élevage a mobilisé ses équipes techniques aux côtés de celles de l’Assainissement pour mettre en œuvre trois axes prioritaires. D’abord, la réalisation de visites conjointes dans les abattoirs et les marchés à bétail afin d’identifier les déficits d’hygiène et de réorganiser l’espace. Ensuite, la mise en place de circuits complets de collecte, de tri, de valorisation et de traitement des résidus. Enfin, le transfert de la prise en charge financière de la gestion des déchets aux exploitants et aux gestionnaires des sites.
À cet effet, un accent particulier sera mis sur la réorganisation des points de vente installés le long des grands axes routiers, afin de réduire les risques sanitaires et de fluidifier la circulation.
À noter que cette initiative ne vise pas à pénaliser les acteurs de la filière bétail, mais à les accompagner vers des pratiques plus sûres et durables. L’objectif principal est de sortir d’une prise en charge systématique du nettoyage par l’État.
Désormais, le principe est clair : « Tout acteur économique doit assumer la responsabilité des déchets générés par son activité », martèle le ministre de l’Assainissement, Aboubacar Camara.
Cela signifie que la salubrité nationale repose sur une discipline collective, où mieux produire et mieux gérer vont de pair avec le développement économique.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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