Lors d’un échange intergénérationnel organisé en prélude à la fête de l’Indépendance, la commissaire divisionnaire de police Marie Gomez a salué, mardi 29 septembre 2026, une baisse des cas de viol enregistrés en Guinée. Elle attribue cette dynamique au renforcement de la prévention et au travail conjoint avec les ONG, tout en insistant sur la nécessité pour les victimes de dénoncer leurs agresseurs.
La lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) semble porter ses fruits en Guinée. C’est en tout cas l’analyse de la commissaire divisionnaire de police Marie Gomez, qui s’exprimait mardi 29 septembre 2026 à l’occasion d’un échange intergénérationnel organisé en prélude à la célébration de la fête de l’Indépendance.
Pour l’officière, l’intensification du travail de terrain et la mobilisation des organisations non gouvernementales expliquent cette tendance à la baisse. « De 2018 à maintenant, il y a une baisse […] parce que maintenant les mesures ont été prises. Les ONG nous assistent beaucoup en termes de sensibilisation. Vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle souligné.
À l’appui de ses propos, Marie Gomez a présenté le bilan des cas de viol enregistrés sur l’ensemble du territoire national. Les chiffres communiqués dessinent une baisse progressive après le pic de 2019, même si toutes les années ne sont pas renseignées.
· 2017 : 204 cas
· 2018 : 116 cas
· 2019 : 393 cas
· 2020 : 374 cas
· 2021 : 306 cas
· 2022 : 281 cas
· 2024 : 225 cas
· 2026 (du 1ᵉʳ janvier au 31 mars) : 15 cas, données partielles, la collecte se poursuivant dans les régions
Ces statistiques, encore provisoires pour l’année en cours, traduisent selon la commissaire une meilleure appropriation des dispositifs de prévention et de prise en charge.
Au sein de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), les équipes sillonnent les régions du pays pour expliquer l’impact des violences basées sur le genre. Un accent particulier est mis sur la communication en langues nationales afin de garantir une meilleure compréhension du cadre légal.
Les textes juridiques étant rédigés en français, l’utilisation des langues locales permet aux citoyens d’assimiler plus clairement les infractions et les sanctions encourues. Une approche de proximité qui, selon Marie Gomez, renforce la confiance entre les populations et les services compétents.
Au-delà des chiffres, la commissaire a vivement encouragé les victimes à briser le silence et à dénoncer leurs agresseurs auprès des services compétents afin de rétablir leurs droits. Elle a également appelé les jeunes filles à faire preuve de prudence face aux risques émergents sur les réseaux sociaux.
Si la baisse des cas enregistrés demeure encourageante, elle ne doit pas masquer les défis persistants : sous-déclaration, vulnérabilité des victimes, accès à la justice et accompagnement psychosocial. Pour les autorités, la prévention reste plus que jamais la première ligne de défense.
Moussa Camara pour GuiStat.Com

