La 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte ce mardi à New York, dans un contexte international sous tension. Devant les dirigeants du monde, António Guterres a envoyé un message fort. Le secrétaire général de l’ONU, en fin de mandat, a placé la réforme du Conseil de sécurité au centre de son discours, estimant que l’organe ne reflète plus les réalités du monde contemporain.
« Nous devons également réformer le Conseil de sécurité pour qu’il soit le reflet du monde contemporain et qu’il ait la légitimité et l’efficacité requises face aux difficultés de notre époque. Le Conseil de sécurité a été créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais le monde a changé. Ces évolutions n’ont guère trouvé leur écho au sein du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.
Le chef de l’ONU a particulièrement ciblé l’absence de l’Afrique parmi les membres permanents. « L’exemple le plus frappant est celui de l’Afrique. Lorsque l’ONU a été fondée, la majeure partie de l’Afrique était sous domination coloniale. Aujourd’hui, l’Afrique ne dispose toujours pas de représentation permanente au Conseil de sécurité. Au XXIe siècle, il est injuste et indéfendable qu’il n’y ait pas de siège africain permanent au Conseil de sécurité. Cela doit changer », a-t-il insisté.
Le Conseil de sécurité compte actuellement 15 membres : cinq permanents la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie et dix membres élus pour un mandat de deux ans. Une architecture héritée de 1945, qui donne aux cinq vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale un droit de veto et une influence déterminante sur les grandes décisions internationales.
Pour de nombreux pays, notamment africains, cette composition est anachronique. Le continent, qui fournit une part importante des soldats des opérations de maintien de la paix et qui est souvent au cœur des crises inscrites à l’agenda du Conseil, réclame depuis des décennies une représentation permanente. L’appel de Guterres vient donc donner un écho supplémentaire à cette revendication.
Mais la réforme du Conseil de sécurité reste un chantier diplomatique redoutable. Toute modification de la Charte des Nations unies nécessite l’accord des deux tiers des États membres et la ratification des deux tiers d’entre eux, y compris des cinq membres permanents. Ces derniers disposent donc, en pratique, d’un droit de veto sur toute évolution qui toucherait leurs prérogatives.
L’intervention du secrétaire général intervient alors que son mandat s’achève et que la course à sa succession s’intensifie. Dans ce contexte, un ancien président sénégalais figure parmi les prétendants, signe de l’ambition africaine à peser davantage dans les plus hautes instances onusiennes.
Reste à savoir si l’appel de Guterres fera tâche d’huile. Une chose est sûre : la question de la représentation africaine au Conseil de sécurité n’est plus seulement une revendication continentale. Elle est devenue un test de crédibilité pour l’ONU au XXIe siècle.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

